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Ma vie sur Terre, chapitre 2 : Les deux infinis... dans ma tête

Où l'être pensant que je pense être poursuit ses divagations philosophiques, puisqu'il se prend pour un philosophe, mieux même, un PENSEUR !

 

 

C’est quand même quelque chose, disait ma grand-mère à tout propos. Vous y croyez, vous, à cet homoniscule capable de naviguer dans les étoiles et dans les profondeurs quantiques, sans bouger de sa chaise ? Quelque part dans l’univers, à un moment donné parmi des milliards de milliards d’agrégats de matière, un être vivant peut se représenter ce qui est invisible aux regards, aux sons et aux autres sens ; personnellement, j’ai beaucoup de mal à me faire à cette idée. Monod et Jacob attribuent cet accident au hasard et à la nécessité. Pour la nécessité je veux bien, l’enchaînement des choses est clairement défini par des lois physiques, que d’ailleurs le même être vivant a identifiées. Mais le hasard ? Je veux bien imaginer que cet être pensant est un accident de parcours… mais non ! il ne peut pas être un accident de parcours, sauf si l’on appelle ainsi le miracle de la pensée ! Que les choses soient claires, comme disait mon grand-père, la course lente mais inexorable de la poussière jusqu’à la pensée, cette orientation donnée à l’origine de tout n’est pas un effet du hasard, c’est une impossibilité statistique mais une réalité ontologique. Avant la création, le temps n’existait pas, comment le hasard aurait-il pu exister dans le néant ? Cela voudrait dire que le néant … n’était pas vide mais statistique ? Allons donc !

Vous me direz que dans l’immensité incommensurable – je suis assez fier de cette allitération – des objets célestes, il ne serait pas impossible que la vie existât ailleurs, dans plein d’endroits. Il serait même inconsidéré de penser que seul l’agrégat terrestre a pu générer la vie… mais je ne voudrais pas froisser mes amis qui admettent que je descends du singe – puisque je le dis –, mais qui nient en descendre, eux. Disons que je me permets cette hypothèse hasardeuse. Et puis, qu’est-ce que cela change pour nous, humains, dans notre vie quotidienne ? Sauf à ce que l’idée même de la vie répandue un peu partout dans l’univers change votre manière de voir, de concevoir et d’agir ; honnêtement, à part aller à la messe, au temple, à la mosquée un des trois jours réservés pour cela, j’ai vu peu de différences entre les tenants d’une religion ou les athées et agnostiques : on mange, on dort, on baise, on fournit plus ou moins de travail, on exploite les autres dès qu’on le peut, on se distrait de différentes façons selon ses moyens et son âge : le foot pour les jeunes et moins jeunes peu argentés, les croisières de masse pour les retraités un peu privilégiés, des paquebots ou un voyage dans  l’espace pour les milliardaires. Si l’on observe avec un peu de hauteur, ça ne vole pas haut (là encore, ma plume déclenche mon rire !).

Dans MA tête, ai-je écrit, ce qui m’oblige à faire part de mon expérience. Ayant lu dans le bureau de mon grand-père le général nombre de ses écrits et références, j’ai également lu, jeune puisque je devais avoir 15 ans, Le phénomène humain de Teilhard de Chardin. Le mélange des deux, ajouté à ma complexion particulière, m’a inspiré de grandes ambitions : devenir célèbre par mes travaux et mes apports à la civilisation et, concrètement, créer un jour prochain quelque chose qui porterait le nom de Teilhard, ayant décidé que le Tailh qui débutait avant francisation mon nom de famille venait de Teilh, le tilleul en Auvergnat. Donc de grandes ambitions de jeunesse.

Désir d’une grande famille ensuite, pour donner la vie comme je l’avais reçue avec bonheur moi-même. Je ne crois pas que mes parents désiraient vraiment cinq enfants en six ans mais ils nous ont aimés tous et également. Mon épouse a aussi épousé ce désir et nous nous réjouissons d’aimer et d’être aimés par nos quatre enfants.

Entre les enfants et la nécessité de consacrer un grand nombre d’heures à la matérialité de ma condition de parent, j’ai sans doute repoussé mes ambitions à une date ultérieure. Et puis, j’ai sans doute été atteint d’une modestie croissante : non, mon nom ne brillerait pas éternellement dans les étoiles !

Peu à peu, une vision un peu plus réaliste de la réalité – je reviendrai bien sûr sur cette notion essentielle – m’a fait considérer que les plus connus des hommes célèbres, primo se moquaient bien de leur réputation là où ils étaient, secundo disparaissaient des mémoires et tombaient dans l’oubli. Certes des noms comme Toutankhamon, Cléopâtre, César, Napoléon, Staline, Hitler, Mao, Gandhi, sont encore connus, comme Louis croix v bâton, mais c’est par l’entremise de BD ou de sketchs ! Mais qui dans le peuple des écoliers [français] a entendu parler de Washington, de Louis XI, de Pierre le Grand, de Deng Xiaoping ? Même les noms de Platini, de Rocheteau, de Juste Fontaine disparaissent du vocabulaire – celui de Platini sans doute moins vite mais ce n’est pas pour de bonnes raisons… Donc j’étais devenu raisonnable et limité dans mes ambitions : faire le bien autour de soi était déjà une tâche noble.

Mais ces considérations ne répondaient pas à mon interrogation ultime : qu’est-ce que je fous là ! Et vous, où en êtes-vous ? Avez-vous situé votre place dans le monde, dans  l’univers ?

Je prends la question sous un autre angle, étant un géant parmi les fourmis. Mon ami Descartes a proféré cette sentence merveilleusement tautologique : « Je pense donc je suis. »  Difficile de lui jeter la pierre, les connaissances disponibles à son époque ont limité ses capacités de raisonnement. J’explique ma position. Un, afficher JE tendrait à signifier que je suis fait d’un seul bloc, constant et complet. Or mon corps, ma pensée, mes émotions, mes attitudes et comportements, tout bouge ; alors comment savoir d’où JE parle ? Deux, on sait maintenant que le centre des décisions n’est probablement pas le cerveau mais les tripes – les parties molles, disent les chirurgiens – et que le cerveau ne fait que rationnaliser les décisions prises à notre insu. Ce point est facile à démontrer, hélas car ça ne grandit pas l’être humain ! Trois, alors que je peux situer différentes parties de mon corps, mes membres, mon squelette et que cette proprioception me donne en effet la sensation d’unité, de cohérence, j’apprends que mes cellules sont en symbiose avec des corps qui ne sont même pas étrangers puisqu’ils pullulent à l’intérieur de moi : les milliards de bactéries qui me composent autant que les cellules mais en nombre infiniment supérieur. Je me demande en quoi elles participent à la définition de mon JE !

 

Enc… de mouche, diront certains mais c’est parce que vous n’osez pas approfondir votre état, parce que vous avez peur de finir par comprendre qu’un corps humain, ce n’est que du vide ! Là encore, la preuve est simple. Nous sommes composés d’atomes et qu’est-ce qu’un atome sinon un grain de matière – et encore – dans un océan de vide ?

Pour en terminer avec René (Descartes, quel manque de respect pour ce génie), je suggère donc une formule actualisée : « Il y a de la pensée, donc le penseur est. » C’est un peu moins anthropocentré ! Et cela laisse la possibilité à la pensée de siéger ailleurs que chez l’humain ; l’univers ne baignerait-il pas dans la pensée, appelée alors Esprit ?

Mon problème n’est pourtant pas résolu parce que je ne sais toujours pas d’où je parle et qui parle en moi qui suis relation et au mieux équilibre [précaire et changeant, pour  ne pas dire instable], pur produit de mes conditionnements pour un Skinner, existence en devenir d’essence pour les existentialistes, Être destiné à rejoindre le Nirvana pour Bouddha, mon propre Dieu pour les progressistes… Donc il me faut poursuivre… ma pensée !

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