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Du terrorisme

Du terrorisme


Dès lors que l’on refuse à prendre pour argent comptant les informations véhiculées par tous sans esprit critique et à se soumettre au diktat des média, on prend le risque de choquer le quidam. Ainsi pour le terrorisme international, terme à la mode, tellement évident qu’on n’a pas besoin de l’expliquer : les terroristes, ce sont les autres, des méchants, très méchants.
Hé bien, j’exercerai encore une fois mon esprit critique, au risque de choquer…

Définition : le terrorisme est l’usage calculé de la violence ou la menace du recours à la vio-lence dans le but d’atteindre des objectifs de nature politique, religieuse ou idéologique, par l’intimidation ou la coercition ou en instillant la peur .

Par définition donc, le terrorisme serait une arme du fort (celui qui dispose des moyens de contraindre par la menace et les armes). Quels exemples avons-nous dans l’histoire ?
- Les Huns, menés par Attila, sèment la terreur sur leur passage, derrière lequel même l’herbe ne repousse pas.
- Au XIIIème siècle, Ala Al-Din-Khilji, sultan turc, conquiert le Dekkan et y cause de ter-ribles destructions.
- L’Inquisition est une juridiction ecclésiastique d’exception instituée par le pape Gré-goire IX pour la répression, dans toute la chrétienté, des crimes d’hérésie, de sorcel-lerie et de magie, active du XIIIème au XVIème siècle. Elle fait régner la terreur et mène au bûcher nombre d’albigeois, de cathares, voire de quidam dénoncés à des fins personnelles.
- La terreur que les conquistadors font régner sur les amérindiens avec leurs armes à feu et leur poudre à canon.
- Période de la révolution française (entre juin 1793 et juillet 1794). « La Terreur n’est autre chose que la justice prompte, sévère, inflexible » (Robespierre)
- Terreur blanche : nom donné aux deux périodes de terreur que les royalistes firent régner en France, la première en 1795, la seconde en 1815.
- La terreur imposée par toutes les dictatures à leurs populations, qu’elles soient du prolétariat (URSS, Chine, Guinée,…) ou des militaires (Pinochet, Amin Dada, Sad-dam Hussein,…)
- La terreur que les USA déversent sur le Vietnam à force de Napalm…

Comment peut-on qualifier les actes des séparatistes et autonomistes de tous bords, qu’ils aient pour nom FNL, IRA, ETA, Viêt-Cong, séparatistes corses ? Ce sont des « faibles » qui pratiquent l’affrontement indirect pour agir sur le moral de l’adversaire. Ne pratiquent-ils pas une forme de guerre ? Ce seraient alors des guérillas, des « guerres de harcèlement, de coups de main, menées par des partisans, des groupes clandestins, pour une cause politique, religieuse, sociale, nationale. » Leurs auteurs sont à proprement parler des guérilleros. Oui, mais ce terme a une certaine noblesse ; on pourrait attribuer une quelconque légitimité à cette forme de combat, appelée lutte armée par ses supporters, nécessaire pour faire cesser la terreur créée par l’occupant ! Dans le choc des civilisations cher à Huntington, traduit dans les forces du Bien et les forces du Mal, il faut imposer un nouveau terme…

Poursuivons notre enquête :

Quelques exemples récents et actuels :
1. L’attentat du 11 septembre 2001, par les commandos d’Al-Qaïda.
2. L’attaque de l’Afghanistan en 2002. L’amiral Sir Michael Boyce informe la population afghane que les Etats-Unis et la Grande Bretagne allaient poursuivre leur attaque contre elle « jusqu’à ce qu’ils obtiennent un changement de dirigeants ». Le régime des talibans a demandé des preuves et les Etats-Unis ont rejeté cette requête avec mépris, de même qu’ils ont rejeté l’autorité du Conseil de Sécurité de l’ONU. De fait, selon Noam Chomsky, assurer sa crédibilité consiste pour les Etats-Unis à faire savoir qu’ils sont un état terroriste et que tout opposant doit savoir à quelles conséquences s’attendre.
3. Années 1990 : la Turquie commet certains des pires cas d’atrocités terroristes et d’épuration ethnique.
4. Vingt ans de présence terroriste d’Israël au Liban (années 80 & 90), se traduisant par près de 20000 morts. Déclaration de Abba Eban : « il y a des chances pour que les populations touchées exercent des pressions pour que cessent les hostilités ». 1985, opérations « Poing de fer » : massacres et déportations à grande échelle de ce que le haut commandement appelle « des villageois terroristes ».
5. Bombardement de Tunis par l’aviation israélienne, qui fait 75 victimes (condamnation par le Conseil de sécurité comme acte d’agression armée – les Etats-Unis s’abstiennent).
6. Octobre 2000 : dès les premiers jours de la présente Intifada, des hélicoptères (états-uniens) pilotés par des israéliens attaquent des Palestiniens non armés avec des missiles, tuant et blessant des douzaines d’entre eux.

Quelques causes justes de terrorisme non exploitées :
1. Haïti a le droit de mener de vastes actions terroristes contre les Etats-Unis jusqu’à ce que ceux-ci lui livrent un meurtrier, Emmanuel Constant, coupable d’avoir dirigé les forces terroristes qui sont les principales responsables de la mort de 4 à 5000 personnes.
2. Le Nicaragua est en droit de mener des actions terroristes contre les Etats-Unis, coupables d’une action terroriste au cours de laquelle des dizaines de milliers de personnes ont trouvé la mort et qui s’est traduite par la dévastation du pays. Les Etats-Unis ont été condamnés par la Cour internationale de Justice pour terrorisme international
3. Le Salvador est en droit d‘exercer des actions terroristes contre les Etats-Unis pour le soutien apporté à la junte militaire au pouvoir de 1980 à 1992, l’assassinat de Mgr Oscar Romero par les escadrons de la mort et la mort de plus de 100 000 personnes.

Au fait, quand le terme de terrorisme s’est-il imposé ? « Le terrorisme au sens moderne naît avec les médias modernes . » Il est donc un pur produit de nos média occidentaux (que je sache, rares parmi nos peuples lisent la presse arabe ou chinoise), qui supportent, nul en peut en douter, les intérêts des possédants. Dès lors, nous constatons non un glissement séman-tique, très courant dans toute langue, mais une inversion. Est désigné comme acte de terro-risme toute action meurtrière pratiquée contre nous, nos populations et nos intérêts.

Moralité, redéfinition du mot « terrorisme » : n’est terroriste que ce qu’on nous inflige ! Lorsque nous en faisons de même en pire, ce n’est pas du terrorisme, mais un acte humani-taire (exemple, pour amener à Dieu - Inquisition, nourrir la population – Monsanto , ou im-planter la démocratie – envahissement de l’Irak) !

Evidemment, aucun accord ne peut être réalisé au nouveau mondial sur la signification de ce mot. Une définition proposée par le « Groupe de personnalités de haut niveau » et le Secré-taire général de l'ONU en 2004 et soutenue par la France, précise : « est de nature terroriste toute action […] qui a pour intention de causer la mort ou de graves blessures corporelles à des civils ou à des non-combattants, lorsque le but d'un tel acte est, de par sa nature ou son contexte, d'intimider une population, ou de forcer un gouvernement ou une organisation in-ternationale à prendre une quelconque mesure ou à s'en abstenir ».

Même si cette définition représente pour moi un glissement sémantique (d’une part, la me-nace n’est pas mentionnée et il y a d’autres formes de violence que le meurtre ou l’assassinat), ce sera celle que j’adopterai. Je renvoie ainsi dos à dos les « combattants » de tous bords. L’anglais aussi a rasé la ville de Dresde, l’américain aussi a atomisé Nagasaki et Hiroshima, le MOSSAD israélien aussi assassine les adversaires. Faut-il rappeler, sous peine d’être accusé de « partisiannisme », voire d’antiaméricanisme primaire et viscéral, qu’il y avait en face le nazisme, la terreur japonaise et la guérilla libano-palestinienne ?

Concernant l’action d’Al Qaïda, je parlerai de fanatisme assassin, et pourquoi pas de « sale guerre sainte », puisque c’est le sens qui est donné par les intégristes musulmans au terme de Djihad ? De plus cela nous rendra une certaine humilité…


Jean Taillardat
jean.taillardat@themaconsultants.fr
www.themaconsultants.fr

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