UA-76824264-1

Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

2016.08.02

L'imposture

Bernanos, encore un auteur oublié, comme tant d’autres, Georges Bernanos comme on dirait « Bond, James Bond »…

J’ai lu, L’imposture d’abord, puis Un crime.

Je ne connais pas l’histoire de Bernanos et ne veux pas la connaître, je me ferais des idées fausses en croyant y trouver une vérité rassurante. L’imposture est à la base de ces deux ouvrages, d’une façon mesquine, bourgeoise dans le premier roman, d’une façon mûrie dans le second. Une phrase relevée dans Un crime donne peut-être la clef : « L’être vulgaire ne se connaît qu’à travers le jugement d’autrui, c’est autrui qui lui donne son nom, ce nom sous lequel il vit et meurt, comme un navire sous un pavillon étranger ».

Étrange Un crime ; une sorte de « polar rural », le meurtre d’une vieille châtelaine en son château, avec inspecteur, petit juge et procureur, et au milieu un prêtre, le nouveau curé de Mégère, le personnage central, sans que l’on sache jusqu’à la fin qui il est ; le doute plane encore quand on a tourné la dernière page.

L’imposture est un roman sombre, glauque, crépusculaire dans lequel tous les personnages, ecclésiastiques, journalistes et romanciers établis, sont des imposteurs dans la mesure où, à force de se frayer un chemin dans la société, ils ont perdu toute innocence et toute conviction. Seul émerge un pauvre abbé qui lui-même rêve d’une cure… qu’il obtiendrait par son mérite.

L’imposture, mais qui n’est pas imposteur qui obéit à la contrainte sociale pour « faire son trou » ? Armand dans Le voyage de M. Perrichon, celui décrit par Cocteau et qui ne fait que répondre à l’image que son environnement attend de lui ? Les DG des grosses boîtes qui exécutent les basses besognes pour le compte des actionnaires en échange de rétributions délirantes ? Les dirigeants syndicalistes qui font leur carrière sur le dos des « travailleurs » ? Les managers qui se soumettent aux dictats du contrôle de gestion au détriment de leurs collaborateurs ? Vous, moi ? Nous tous qui aspirons à la reconnaissance d’autrui ? Où commence la cupidité ?…

Les commentaires sont fermés.