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2010.01.07

Du monde et de l’homme

 

Diminution du nombre de petites délinquances de 5,94 %, de grands banditismes de 4,73 %, etc. Merci, Brice pour ces chiffres qui me confirment, si besoin était, que les chiffres sont les premiers facteurs de désinformation. Comment peut-on oser citer des chiffres aussi précis quand on connaît la façon hasardeuse et aléatoire de saisir l'information !

 

Un milliard d'êtres humains souffrent de la faim et un enfant meurt de faim chaque seconde dans le monde. Aucun des pays du G8 ne participe au congrès mondial de la FAO.

 

La tribu des indiens KOGIS de la Sierra Nevada de Santa Marta en Colombie a fait de « l'intelligence collective » un art de vivre qui imprègne les pensées et les actes de ses membres et permet de construire un pont de plusieurs dizaines de mètres en moins de 48 heures, sans clou ni fil de fer, pont qui résistera pendant plusieurs dizaines d'années.

 

Une étasunienne, Michèle Mock, est née sans hémisphère gauche... il y a vingt trois ans de cela. Elle vit pratiquement comme tout le monde, se déplace, parle, danse. Comme son hémisphère gauche ne s'est pas développé, l'hémisphère droit a repris ses fonctions dès la construction du cerveau. De plus, elle a une mémoire fantastique des dates.

 

La planche à billet étasunienne tourne à plein tube (TRS - taux de rendement synthétique - de 98 %) inondant la planète de billets verts qui servent aux institutions financières à recruter les meilleurs élèves pour n'apporter aucune contribution économique. Obama est allé rendre visite à son banquier chinois...

 

Au secours ! Je me sens soudain submergé par des informations toutes plus intéressantes les unes que les autres. J'aimerais tant comprendre le monde dans lequel je vis. J'aimerais aussi tellement comprendre les autres mondes, inaccessibles à nos sens, mais que j'ai expérimentés. Jusqu'à cet instant de panique. Alors je me suis dit qu'il valait mieux que je fasse une petite sieste. Effectivement le réveil m'a vu d'aplomb, serein, zen. Comme l'écrit Michel Onfray, « la vie est ce qui se joue entre deux néants ». Le terme « se joue » me convient. Autant aborder mon existence comme un jeu et le monde comme un terrain de jeu. Je prends le jeu au sérieux mais je sais que son issue est de peu d'importance. Sachant donc que je ne sais rien et ne saurai jamais rien au regard de m'immensité et de incommensurable, je me sens plus relax pour poursuivre mes investigations. J'admets aussi que je ne peux rien connaître qui sorte de ma condition d'être sensible, c'est à dire doué de sens, de cinq ou six sens plus précisément. Serais-je existentialiste, au sens où l'existence précéderait l'essence ? Probablement...

 

Dans mon centre de rééducation, en 1994, j'ai étudié avec soin et opiniâtreté l'ouvrage de John Eccles, prix Nobel de médecine, « Evolution du cerveau et création de la conscience ». Cela m'a donné envie de poursuivre mes recherches sur le cerveau et la pensée. « Les intelligences multiples » de Howard Gardner (je préfère les huit formes d'intelligence de Peter Koestenbaum), « Le cerveau et la pensée » recueil des articles des Sciences Humaines, « Comment Homo est devenu Sapiens » de Peter Gärdenfors, les travaux successifs de Jean-Pierre Changeux, de Maurice Legrand, de Jean-Didier Vincent, j'ai l'impression d'avoir de bonnes bases pour comprendre comment je pense, et interprète le réel à travers mes sens. Seulement ma pensée est aussi le fruit de ma culture, et fonction du langage et des symboles, ce qui me pousse à approfondir les mythes, les symboles et les contes. Jung, Debailleul, Marina Yaguello et son « Alice au pays du langage », c'est déjà pas mal pour un néophyte ! En tant que consultant en management et organisation, évidemment (est-ce si évident que cela ?) j'ai étudié la psychologie, la psychosociologie, la sociologie, la stratégie, la systémie. J'ai été frappé par un ouvrage méconnu en France : Images de l'organisation, de Gareth Morgan. Morgan propose huit façons très intéressantes de considérer l'organisation (une machine, un organisme, un cerveau, une culture, un système politique, une prison du psychisme, flux et transformations, instrument de domination)... Evidemment encore, je ne suis et ne serai jamais un spécialiste de ces disciplines. J'ai d'ailleurs fait le choix de n'être un spécialiste en rien, pour pouvoir tenter d'appréhender le tout. Ambitieux, non ? Je dirais même orgueilleux, mais le savoir universel est mon plaisir et je le revendique. Et par-dessus tout cela, je sais que la philosophie est la pierre angulaire de tout savoir conscient. « Philosopher, c'est penser par soi-même, chercher la liberté et le bonheur, dans la vérité », écrit André Comte-Sponville.

 

Je suis un coach professionnel et veut être un citoyen responsable. Aussi, en point d'orgue de toutes mes expériences et connaissances, je cherche à répondre et à aider les gens qui me le demandent à répondre à cette question : « qu'est-ce pour moi qu'une vie bonne ? » proposée par Luc Ferry. Mes lectures, réflexions, écrits, conférences tâchent de me conduire sur ce chemin. J'espère pouvoir vous emmener avec moi sur ce chemin, qui est le plus digne d'une vie d'homme, ne pensez-vous pas ? Les Brèves et les Lettres de Thema et mon blog sont à votre disposition. Puissent-ils vous être utile pour contribuer, si peu que ce soit, à réussir votre vie.

 

 

Jean Taillardat, 7 janvier 2010


Images de l'organisation, Gareth Morgan, Les presses de l'Université Laval, 8ème tirage, 2007

 

 

Les vœux de Thema pour 2010

Conte de vœux libératoires

Un Hébusien (Hébus pouvant être une hypothétique planète de la constellation de l'Amas de la Vierge) débarquant sur Terre - et disposant des mêmes sens que nous - serait d'abord émerveillé par les beautés naturelles de notre Planète Bleue, par les Océans, les Montagnes, les Forêts, les Cours d'eau. Il serait heureusement surpris par le génie humain et les réalisations de cette espèce vivante, la Dubaï Tower de 815 mètres de haut, la Grande Muraille de Chine, les Pyramides, cette multitude d'avions et de satellites qui parcourent le ciel, des bateaux de toutes sortes qui sillonnent les mers, les bolides qui foncent à toute allure sur les rails...

Puis il découvrirait progressivement le chaos, les centaines de millions d'êtres humains entassés dans des mégapoles polluées au dernier degré et le crime organisé, les populations affamées du Sahel et du Bengladesh en même temps que quelques dizaines de millions d'autres prospèrent et gaspillent sans compter, les grandes multinationales qui exploitent le travail humain pour servir au capital des dividendes éhontés, les commissions versées par les laboratoires pharmaceutiques aux membres élus par le peuple des Congrès et Sénat étasuniens pour servir leurs intérêts, les sommets de Copenhague et d'ailleurs qui font la part belle aux égoïsmes des Etats et des nations, les millions de tonnes de déchets, de pesticides et d'engrais qui détruisent les sols, la flore et la faune, les troupes de mercenaires qui défrichent les poumons que sont les forêts amazonienne et de Bornéo, les tankers qui vidangent leurs cuves en de gigantesques traînées de mazout.

Et il serait très inquiet.

Plongeant plus profondément au cœur de l'humanité, il découvrirait partout dans le monde, en Mongolie, sur le plateau andin, dans les glaces arctiques, des tribus de gens simples dans un dénuement extrême, qui sourient et qui rient, au cœur de nos villes une nuée de bénévoles qui accueillent et nourrissent les miséreux, des familles désargentées qui se privent pour verser leur obole à des organisations humanitaires, des dirigeants et des managers soucieux de justice sociale et tourmentés par leur contribution à la marche du monde, des fonctionnaires, enseignants et chercheurs engagés dans leurs activités de Service.

Et il serait rassuré, heureux de rencontrer des êtres humains.

Il sait que les civilisations meurent, que l'humanité disparaîtra, mais il se réjouit car, quelque part dans notre immense univers est apparue une forme supérieure de vie, faite d'art et de générosité portée par des Hommes Vrais, et rien ne pourra jamais empêcher que cela soit et aura été.

Puisse cette année 2010 faire de vous cet Homme et cette Femme Vrais dont notre Hébusien rapportera chez lui que « l'Homme existe, je l'ai rencontré ».

 

Jean Taillardat, le 3 janvier 2010