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Gestell (arraisonnement utilitaire) et humanisme

Gestell et humanisme ; où va le monde ?

Jean Taillardat, 170107

« Heidegger a montré, et on le lui reproche, que le Troisième Reich, l’Union soviétique et l’Amérique moderne sont trois variantes d’un même système philosophique « d’oubli de l’être » qu’il appelle le Gestell, ou « l’arraisonnement utilitariste ». Dans les trois cas on idolâtre la technique, on marginalise ou on persécute le christianisme, on arraisonne l’homme à l’utilitarisme économique et politique qui prime toute morale, on fait la guerre sans considération pour les civils. L’homme et Dieu perdent leurs places traditionnelles au profit de la race, de la classe ou de l’argent. »

Ivan Blot, La Russie de Poutine, Bernard Giovanangeli Éditeur, p.23

Je suis athée, ou tout au moins agnostique, mais de culture profondément chrétienne et fortement teintée de bouddhisme – J’adhère aux Quatre États illimités que sont : la Joie, l’Amour, la Compassion, l’équanimité (la non-dépendance au résultat de mon action) – et ne reconnais pas le Dieu à longue barbe de mon enfance et de mon catéchisme, non plus que celui des livres sacrés. En revanche je crois en l’Esprit créateur qui baigne l’univers jusqu’au cœur de mes cellules. La place traditionnelle de Dieu m’est donc étrangère, d’autant qu’elle peut être dévoyée en « Got mit uns ».

Je sais d’expérience que l’être humain a besoin de se sentir partie d’un tout qui le dépasse et avec lequel il est en osmose. Je sais aussi qu’il n’existe qu’en relation avec ses congénères, avec son passé et avec un projet commun. Le lien social est basé sur des normes communes et les modèles sociaux, nous disent les psychosociologues, des us et coutumes partagés, sur l’adéquation des rôles que les personnes veulent tenir avec ceux que les autres attendent d’elles, sur les statuts qui permettent à chacun de se situer par rapport aux autres, des attitudes à travers lesquelles une personne prend position par rapport aux autres et aux événements du monde, jusqu’aux opinions et stéréotypes partagés, fonctions d’expression de la personnalité. Ces éléments nous conditionnent certes mais l’autre option, dite libertaire, consiste à faire fi de ces besoins pour espérer fonder la cohésion sociale sur les intérêts particuliers raisonnés. Cette option est défendue et promue par les tenants de l’homme nouveau, qui se posent en maîtres à penser seuls en capacité d’éduquer le peuple, par des socialistes, quoi. Pure idéologie ! dégagée de toute lucidité pratique

Ivan Blot fait ce constat que je partage aussi que, des trois couches du cerveau correspondant aux trois étapes de son évolution, les progressistes nient la couche affective des mammifères, livrant l’homme à ses instincts primitifs – première couche reptilienne – renforcés et exacerbés par la « raison », – le cortex frontal – qui ne sert plus qu’à défendre ses intérêts particuliers et à assouvir ses désirs au détriment de tout investissement dans la cohésion sociale.

Comment, sur quelles bases bâtir un projet commun si on ne s’appuie sur rien de tangible ? Sur les concepts, les idées apportées par d’autres sous couvert de République, de « Nos valeurs » ? Mais alors, il va falloir éradiquer toute culture, toute tradition, tous les us et coutumes. Eh bien, c’est ce que les francs-maçons comme Vincent Peillon ont en projet. 1984 n’est pas loin.

Je refuse viscéralement ce « progrès »  autant que le transhumanisme qui veut faire de l’homme son propre créateur et son but, comme si l’univers lui-même était la création de l’homme ! Vivre cent cinquante à deux cents ans… pour faire quoi ? Éradiquée la maladie, plus de vieillesse et, in fine, la transplantation du cerveau dans un appareillage qui lui donnera la vie éternelle. Autre forme de religion, où l’homme n’est plus relié qu’à lui-même. Il n’y aura même plus besoin de procréer et les femmes seront libérées de la maternité ! Cette fois-ci, c’est Aldous Huxley qui apporte la solution avec Le meilleur des mondes. Les utopistes espèrent, ils veulent croire que les années supplémentaires apporteront plus d’intelligence, plus de sagesse, plus de courage, plus de créativité… bref, que l’homme sera bon ! Doux rêveurs ! Dangereux rêveurs ! Ce n’est pas l’âge de l’individu qui a fait la civilisation, c’est le renouvellement des générations et la transmission du patrimoine, c’est aussi le génie de quelques individus : Mozart ou Rossini, Einstein ou Planck, Michel-Ange ou Rembrandt,… qui n’ont pas attendu la vieillesse pour laisser un héritage inouï.

Je plaide pour l’homme-relié, proche de Pierre Rabbi en cela, l’opposé de l’homme-égotique voulu par la doxa de l’ultralibéralisme, qui est asservissement à ses désirs non maîtrisés. Je suis donc religieux.

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