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2013.03.28

Deuxième lettre au Président

 

                                                    Pétaouchnok, nonidi, 9 germinal an 221


Monsieur le Président,

 

             Je m’en veux terriblement de vous avoir envoyé ma lettre si tardivement que vous n’avez pas pu l’exploiter et avez si calamiteusement raté votre conférence télévisée.

 

Vous m’avez dit que ce n’était pas de votre faute, que vous aviez pris soin de consulter les esprits les plus fins de votre entourage et que vous vous rendiez à l’évidence : les courtisans ne sont pas de bon conseil !

 

Vous m’avez dit que vous regrettiez votre totale méconnaissance de l’entreprise et que vous veniez de découvrir que ce sont elles qui sont créatrices de richesse, qu’il y avait une différence irréductible entre vivre des taxes ponctionnées sur les citoyens et vivre des recettes obtenues en vendant des biens et des services ;

 

Vous avez bien essayé de l’expliquer à M. Daniel Poujadasse mais avec une telle réserve, un tel manque de conviction que vos auditeurs ont bien compris votre dilemme : vous renier ou dénier la réalité !

 

Et puis, vous aviez appris la veille de votre intervention que le déficit de l’État pour l’an 220 était de 4,8 % du PIB, faisant grimper la dette à 90 % du même PIB ! Il y avait de quoi être perturbé, le coup est rude : comment ? La réalité ne se plie pas aux dogmes ! Du coup vous reprochez à vos excellents professeurs de l’ENAE de ne pas vous avoir enseigné l’histoire, par exemple celle de l’écroulement de l’Empire Soviétique : la mort de l’initiative individuelle, la chape de plomb mise par l’État sur les forces vives du pays. Vous venez de comprendre cette parole forte : « La France est le dernier pays communiste au monde », avec la Corée du Nord, avez-vous ajouté. Vos yeux se sont décillés : « Bon sang, c’est donc pour cela que la Chine a libéralisé son économie ! » Certes, il y a des effets pervers : injustice, pollution, mais globalement les Chinois s’enrichissent et le chômage diminue. N’est-ce pas ce que le bon peuple veut ?

 

Monsieur le Président, mon cher Napoléon ; vous me demandez de vous conseiller en secret pour sortir la France de la zone rouge – de la zone de relégation, m’avez-vous dit exactement – et pour préparer votre prochaine intervention à l’occasion du 1er anniversaire de votre règne – Vous espérez que ce ne sera pas le dernier mais n’en êtes plus si sûr. Entre ces deux futurs : être contraint à démissionner – avant que le peuple ne réclame votre tête – pour laisser la place à votre opposant de droite haï (à cette idée, votre visage se crispe, la sueur couvre votre corps et trempe le col de votre chemise) ; ou bien appliquer un amitieux programme de redressement national, à l’allemande… (recevoir des félicitations du Kayser vous file des boutons, être brocardé par vos ex-amis socialo-bureaucrates aussi) mais la perspective d’être réélu en l’an 225 fait passer la pilule.

 

Allons, courage, monsieur le Président, vous sortirez grandi par l’épreuve du pouvoir et je serai fier d’avoir permis l’émergence du Discours d’un Monarque. Dommage que nous ayons perdu un an, le temps de votre formation accélérée !

 

Recevez, mon cher Président, l’expression intéressée de ma haute considération et de mon admiration sans borne.

 

Votre très dévoué,
Talleyrand

2013.03.27

Première lettre au Président

                                                     Pétaouchnok, octudi, 8 germinal an 221

 

 

 

Monsieur le Président,

 

          Je ne voudrais pas être à votre place ce soir pour votre conférence ! Vous me direz : « Je voulais être Président de la République française, c’est fait, le reste a moins d’importance, même si ma position est inconfortable », mais vous êtes comme tout humain, vous préférez être apprécié… Or, vous ne l’êtes pas. Et vous ne voulez pas mettre la main socialiste sur un pays moribond, malgré tout !

 

Vous ne saviez pas, vous qui n’aviez jamais eu de poste à responsabilité nationale, vous ignoriez la réalité de la situation de notre pays, de l’Europe. Et puis, il est facile de ne pas voir, cela permet de crier haro sur le baudet sans trop d’état d’âme. Soit, maintenant, vous êtes au pied du mur, ou pas loin. Les Français ont voté pour vous non pas pour que vous appliquiez des propositions mais parce qu’ils vous ont fait confiance pour améliorer leur sort.

 

Homme de consensus, dit-on de vous, ne prenant pas les problèmes de front, toujours en tergiversations, en détournements, en manipulations. Holà ! il vous faut bien faire face, à un moment ou à un autre. Et il ne suffira pas d’expliquer pourquoi le pays s’enfonce dans la crise. Il vous faut prendre le leadership et rassembler sur un programme de redressement national ; je fais l’hypothèse que vous ne le ferez pas, pas encore, c’est trop hors de votre caractère. Dans un an ou deux peut-être, quand le pays sera exsangue, si vous ne démissionnez pas avant…

 

Je ne voudrais donc pas être à votre place avec votre tempérament, mais, à mon corps et à ma santé défendant, je prendrais bien votre place pour haranguer nos concitoyens, leur tenir un langage de vérité et les engager, tous, dans une lutte acharnée, leur dire que nous avons besoin de toutes les forces et toutes les ressources pour sortir d’une situation alarmante, sinon catastrophique.

 

Aux armes, citoyens ! Tous aux armes, apporteurs de capitaux, financiers, dirigeants, cadres, techniciens et employés, professions libérales, artisans, paysans, fonctionnaires, pour remporter la lutte contre le chômage. Parce que laisser tant d’hommes et des femmes, de jeunes au bord de la route est une calamité nationale.

 

Citoyens, il va falloir d’abord tous se serrer la ceinture et vos élus vont montrer l’exemple en diminuant leurs soldes, salaires, émoluments, frais, etc. de 20 %, en ne conservant qu’un seul traitement s’ils ont plusieurs mandats.

 

Les fonctionnaires vont faire l’effort d’accepter une diminution de leurs salaires de 10 %. Ils vont accepter que leurs pensions de retraite soient alignées avec celles du privé. Grâce aux techniques modernes de traitement de l’information, ils vont accepter d’accroître leur productivité de 20 %, permettant ainsi de diminuer leur nombre et la charge qu’ils représentent pour le pays.


Les dirigeants et hauts fonctionnaires vont accepter une amputation de leurs rémunérations globales de 20 %.

 

Vous allez agir pour réduire de 50 % le coût de l’administration européenne, et les rétributions extravagantes des élus.

 

Citoyens, il va ensuite falloir restructurer l’administration du pays, très rapidement, autour de grandes régions, au nombre de douze. Les tâches dévolues aux départements sont partagées entre les régions et les Communautés de communes et d’agglomérations et les départements, héritages de l’époque napoléonienne, seront remisés dans les musées de l’histoire.

 

Citoyens, nous allons parallèlement venir au soutien des plus pauvres. Personne en France, dès le mois de septembre 2013, ne vivra avec moins de 800 euros par mois et aucune famille avec moins de 1200 euros.

 

Citoyens, nous allons libérer les énergies. Notre pays est riche, riche de ses compétences, de ses ressources, de ses infrastructures. Pour cela, nous allons soutenir les entrepreneurs, administrativement et financièrement, en favorisant l’investissement privé, en encourageant les « business angels », les sociétés d’investissement et en leur permettant de rémunérer le risque qu’ils prennent. Les organismes d’État comme la BPI seront au service de ces sociétés, l’administration sera au service des entrepreneurs et des entreprises.

 

Par ailleurs, les charges qui pèsent sur les entreprises seront allégées de trois points dès le 1er janvier 2014. La TVA sera portée à 21,6 et les 2 points consacrés à financer prioritairement les caisses de la sécurité sociale et la retraite.

 

Enfin, les transactions financières seront taxées à 0,1 %, les ressources ainsi mobilisées étant immédiatement réinvesties dans les infrastructures et le soutien à la recherche

 

Citoyens, nous allons redonner à l’école de la République sa force et son rôle primordial dans le redressement du pays, en accordant aux Chefs d’établissement la responsabilité du recrutement, du management des professeurs et de l’animation du corps professoral, en facilitant le recrutement d’enseignants compétents et motivés par des rémunérations plus attractives. Elles seront réévaluées de 10 % par an pendant cinq ans.

 

Citoyens, nous allons mettre en œuvre les moyens d’intégrer les personnes qui se sont installés en France ou qui vont le faire, en exigeant un niveau de langue française nécessaire et suffisant pour travailler et en créant les structures de formation linguistiques adéquates. Le droit de vote pour les élections locales sera donné aux personnes justifiant de cinq ans de présence en France et désirant devenir françaises.

 

Citoyens, nous allons intervenir dans les zones sensibles pour sortir les jeunes de la spirale infernale du chômage, en créant des Centres d’Aides par le Travail à l’instar de ce qui existe pour les personnes en difficulté. Les communes recevront les aides financières pour mettre en place les structures d’encadrement des jeunes en lien avec leurs parents. Les forces de police seront chargées de prévenir et, dès que nécessaire, d’éradiquer les comportements délictueux. Les récidivistes seront mis sous contrôle étroit.

 

Citoyens, je vous demande de soutenir l’action de mon gouvernement pour redresser le pays. Mais nous n’en resterons pas là. Nous allons construire l’Europe de demain.

 

Citoyens, nous sommes européens. Nos moyens de Défense Nationale seront intégrés dans la Défense européenne, et nous allons mobiliser tous les membres de la communauté européenne pour créer une Europe de la Défense. Et comme il ne peut y avoir d’Europe de la Défense sans politique européenne, nous allons œuvrer pour la création des Etats-Unis d’Europe.

 

Citoyens, le monde dans lequel nous voulons vivre est un monde d’équilibre et de justice. Dès que les finances du pays le permettront, que notre balance commerciale sera bénéficiaire et, quoi qu’il en soit, dès aujourd’hui, nous préparons ce monde fait par les hommes pour les hommes : écologique et humain, utilisant les techniques informationnelles et les ressources renouvelables, au premier rang desquelles l’intelligence humaine.

 

Citoyens, nous n’avons pas le choix, nous sommes au pied du mur. Soit nous œuvrons tous ensemble, avec justice, soit nous sombrons tous ensemble. Françaises et Français, je vous appelle solennellement à vous rassembler pour le renouveau de l’Europe et son rayonnement dans le monde.

2013.03.25

Chers amis, puisque vous ne prenez plus le temps de lire…

 

Le roman a du plomb dans l’aile et cela se comprend. Où est-il le temps où, à côté des 48 heures de travail par semaine, l’ouvrier, l’employé, le technicien, le cadre, disposaient de leur temps et de leurs libertés pour rire, partager, jouer, bricoler, jardiner, refaire le monde ?

Aujourd’hui, l’abrutissement dans l’actualité à courte vue, les émissions télé débilitantes et les jeux vidéo s’ajoute au stress et aux temps de transports. Heureux êtes-vous si vous avez des activités bénévoles et associatives, si vous prenez le temps de voir et de faire grandir vos enfants !

Mais lire un roman, y consacrer une dizaine d’heures, ce n’est plus possible !

Sauf, Musso, Lévy ou Nothon…, qui participent à votre besoin de distraction de masse, que l’on vous impose par un matraquage publicitaire.

À la rigueur, un texte que l’on pourrait lire sur nos tablettes en une vingtaine de minutes, pourquoi pas ? Mais qu’il ne demande pas trop d’effort de lecture ! Par exemple, Indignez-vous, c’est ce qu’il nous faut : texte court, langage basique, belles formules, appel à l’émotion, pas de raisonnement, surtout pas d’argumentation ! Comme si Essel n’avait rien eu de mieux à nous proposer, ce grand Résistant !

Quand les hommes n’auront plus de langage, ils n’auront plus de pensée, et une démocratie bien comprise par les puissants est celle qui ne pense plus que par émotions en réaction à des messages conçus par des médias aux ordres, aux ordres parce faisant partie du monde des puissants. Demandez à Martin Bouygues ou à Lagardère.

Alors soit, notre but étant de provoquer chez vous un sursaut de réflexion, nous sommes bien obligés de vous toucher dans vos habitudes : nous publierons des nouvelles, des pamphlets et des contes, nous rapprochant en cela des penseurs du siècle des Lumières, ce siècle qui a porté la capacité de réflexion humaine à son plus haut niveau, certes pour un petit nombre de personnes mais avec un rayonnement dans tout le monde occidental.

Les Éditions Valeurs d’Avenir publient des romans d’apprentissage, des ouvrages porteurs de valeurs humanistes, des nouvelles ; mon blog met à votre disposition des textes de réflexion relativement courts, comme celui-ci ou le Journal du Monde, dans lequel notre correspondant au Congo, Charles-Georges-Valéry-François-Jacques-Nicolas du Pont Branlant, suit une actualité Françafricaine très instructive!

Aux livres, citoyens ! À la lecture !