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2015.12.29

Sermon de Noël 2015

Sermon de Noël 2015

Jean Taillardat, 25/12/15

 

L’athée que je suis s’est rendu à l’église hier au soir et a participé à la messe de la Nativité.

C’était un bonheur que de voir toutes les générations rassemblées dans l’église de mon village, autour d’un événement si ancien et insignifiant : la naissance d’un enfant dans un coin perdu de Palestine.

Il en est des mythes comme de tous les systèmes de croyances ; ils racontent des histoires que l’on a envie d’entendre, et que l’on crée au besoin.

Ainsi est née quelque part en Assyrie, dans le nord de la Syrie actuelle, l’idée d’un dieu unique ; cela se passait quelque deux mille ans av. J.-C. et n’avait pas grand-chose à voir avec la notion de Dieu-Râ créée par un pharaon pour asseoir son pouvoir, simple poursuite orientée des croyances animistes des hommes primitifs confrontés à la multitude des étoiles, des éléments et des événements. Cette idée a germé, puis fleuri sur une terre fertile jusqu’à être appropriée par une petite tribu qui en a fait son Dieu, son protecteur, son appui dans toutes les vicissitudes qu’elle a traversées. Cette tribu a transmis et affiné de générations en générations le message de son intimité avec ce Dieu exclusif ; ainsi est née la Bible, ou plus exactement la Thora, qui est pour les chrétiens le Pentateuque, les cinq premiers chapitres de l’ancien Testament.

Ainsi l’homme a réussi ce prodige de créer un Dieu qui lui offre les Tables de la Loi et qui accepte de les revoir lorsque le représentant de la tribu revient Le voir après les avoir cassées. Message extraordinaire de la confiance attribuée au Dieu tout-puissant envers sa créature, à qui il donne la liberté.

L’histoire ne s’arrête pas là ; elle nous raconte que dans la descendance de David est né à Bethléem, dans une étable, un enfant dans lequel Dieu s’est incarné. Un enfant qui a vécu sa vie d’homme, qui a ri, joué, pleuré, souffert, appris, qui a eu faim et soif, qui a mangé et bu, qui a partagé le pain et le vin avec les membres de sa famille, lui le premier-né de la fratrie. Cet enfant a grandi en âge et en savoir, au point qu’il a remis à leur place un certain nombre de docteurs de la Loi. Ce jeune homme avait une telle aura qu’il s’est attaché des disciples auquel il a transmis un message inouï : Dieu est amour ! Cet homme a proclamé : « Aimez-vous les uns les autres », « Ce que vous faites au plus petit d’entre les miens, c’est à moi que vous le faites », « Pardonnez les offenses », « Partagez le pain avec les pauvres », « Rendez grâce à Dieu des bienfaits qu’il répand sur vous »…

A-t-il dit, ou lui a-t-on fait dire, qu’il était le Fils de Dieu ? que toute personne qui voulait aller à Dieu devait passer par lui ? je ne le pense pas. Cet homme formé dans la tradition juive devait être un être exceptionnel, d’une foi inébranlable, d’un charisme puissant, d’une totale authenticité. Oui, il savait que Dieu était un dieu d’amour qui voulait l’homme debout, plein de Foi, d’Espérance et de Charité.

C’est ce que les premiers chrétiens ont porté par la parole et l’exemple ; c’est ce que tout homme de bonne volonté peut pratiquer : paix, don de soi, force morale, actions de grâce…

C’est ce que la civilisation occidentale a appris au long des mille ans de fréquentation des églises, des abbayes, des monastères et des couvents et qui a trouvé sa traduction politique dans La Déclaration des droits de l’homme et des citoyens.

Le message évangélique est à la base de notre civilisation occidentale ; il a rayonné partout dans le monde, où des communautés chrétiennes se sont installées, non par désir de conquête mais par soif de spiritualité pleinement humaine.

Pendant ce temps, des Églises ont fait du message un moyen de pouvoir, d’enrichissement et de conquête ; l’homme est homme, les églises sont humaines, faillibles, soumises aux passions humaines…

 

Au Moyen-Orient, à la fin du xvie siècle, un chef de tribu entend le message d’une secte judéo-nazaréenne porteuse du message chrétien et s’en fait le porte-parole. On l’appellera Muhammad, qui veut dire « béni soit », ou Mahomet, et il enseignera les tribus bédouines d’Arabie, au sein desquelles vivaient de nombreuses communautés juives et chrétiennes. Son message commença à être bien reçu mais, lorsque ses disciples voulurent convertir les habitants à sa doctrine, ces derniers le rejetèrent. Commença alors une guerre de religion, avec massacres et conversions forcées. Le message chrétien du début devint un message de combat contre les opposants. Les successeurs de Mahomet comprirent les bénéfices qu’ils pouvaient tirer d’une religion purement arabe et transcrivirent les messages de Mahomet dans un texte destiné à montrer le caractère unique et définitif de la religion du Dieu unique, dont Mahomet est le réceptacle. Ils écrivirent le Coran et les adiths, recueils - élaborés un à deux siècle après la mort du prophète - de la parole et des actes de Mahomet au même titre que les Évangiles, les évangiles apocryphes et les Actes des Apôtres récitent la vie et les messages de Jésus.

Dans l’islam, Moïse et Jésus sont les deux prophètes d’Allah et Jésus-Messie reviendra à la fin des temps pour juger les vivants et les morts.

 

En cette nuit de Noël donc sont réunis par leur croyance les chrétiens, les juifs puisque Jésus était juif et les musulmans qui lui accordent cette primauté de les recevoir au royaume des cieux. Les trois religions monothéistes portent de fait le même message d’un Dieu aimant son peuple, juif pour les uns, universel pour les deux autres.

 

Au-delà des tentations humaines d’utilisation des religions comme moyens pour les églises, pour les monarchies, pour les chefs de guerre, de renforcer leurs pouvoirs, ce que nous apprend la célébration de la Nativité, c’est bien ce message sublime : « Paix sur terre aux hommes de bonne volonté ».

 

À l’autre bout du continent eurasiatique, une autre civilisation reposait sur le respect dû aux ancêtres et à la nature, culture de paix, reprise par un Homme accompli, Bouddha. Pour lui et pour tous ceux qui le suivent, la Voie consiste à atteindre les Quatre États illimités : la compassion, l’amour, le non-attachement et la Joie. D’après le Dalaï-Lama, le message du Christ et celui de Bouddha se rejoignent sur l’Amour.

 

D’autres religions ont vu le jour et, pour certaines, ont disparu. Le concept majeur du shintoïsme est le caractère sacré de la nature. Le profond respect en découlant définit la place de l'homme dans l'univers : être un élément du grand tout. Il en est de même du Taoïsme, de beaucoup des religions indiennes de l’Amérique du Nord et du Sud. Elles sont des hymnes à la Nature, à la Terre/Mère et à la relation entre l’homme et tout ce qui l’entoure. À la base, ce sont des religions de paix et d’amour, et comment pourrait-il en être autrement tellement l’homme se voyait comme partie prenante de la Nature ? Oui, le réel est fait de construction et de destruction, de vie et de mort, de joie et de peine, mais ce que l’être humain peut faire de mieux, ce pourquoi il est fait, c’est pour apporter la Joie et l’Amour.

 

En cette fête de la Nativité, c’est ce message que nous pouvons porter et faire vivre dans une période particulièrement troublée, de tensions exacerbées, où les ferments de haine sont en train de semer la terreur, au Moyen-Orient, en Afrique, en Europe, dans le Caucase, sur le continent indien, en Asie, où l’impérialisme américain cherche à étendre sa domination sur le monde, où une puissante oligarchie veut imposer son ordre financier sur les peuples, où des fous qui se prennent pour Dieu imaginent un être humain tout puissant qui se passera de la Nature…

 

Paix aux hommes de bonne volonté, les hommes qui aiment les êtres humains et les êtres vivants plus que l’argent, la matière, la consommation, le pouvoir, la jouissance, les hommes qui sont portés par les valeurs chrétiennes : paix, don de soi, force morale, actions de grâce.

2015.11.16

Le Coran et Mein Kampf

Il faut lire le Coran comme il aurait fallu lire Mein Kampf.


Tous les Allemands n’étaient pas des nazis, tous les musulmans ne sont pas des terroristes mais le Coran comme Mein Kampf porte en lui la guerre et le meurtre : les verbes « tuer » et « combattre » y apparaissent respectivement soixante-deux et cinquante et une fois, dont dix et douze à l’impératif. Ce ne sont pas des erreurs de traduction !

Y aurait-il des « musulmans modérés » quand le Coran affirme que la paix régnera sur terre quand le monde sera converti à l’Islam : il n’y aura la paix que dans l’Islam et d’ici là, tout doit être fait pour « convertir » les infidèles.

Je pose cinq questions aux « musulmans modérés » :

  • Le Coran est-il la parole de Dieu recueillie par le Prophète par la voix de l’ange Gabriel ?
  • Le Coran, tel qu’il a été écrit par les successeurs de Mahomet, peut-il être interprété et critiqué ?
  • Lorsqu’il y a des contradictions entre les sourates, les dernières annulent-elles les précédentes ? La guerre et la violence l’emportent-elles sur le message évangélique d’origine ?
  • Lorsque le Coran dit de tuer les infidèles qui le combattent et que Mahomet fait tuer et assassiner tous ceux qui s’opposent à sa volonté de puissance, donne-t-il l’exemple à suivre ?
  • Lorsque des sourates sont édictées pour satisfaire les désirs charnels de Mahomet, est-ce au nom de Dieu ?

Si vous répondez positivement à ces cinq questions, vous n’êtes pas modéré ; sinon, vous n’êtes pas musulman ou, au mieux, vous êtes un musulman mou. Comme il y a une majorité de mous au sein du peuple, qui se soumettront à la violence et à la pression, comme cela se passe en Algérie ou au Maroc.

Heureusement, il existe des pays où règne un islam modéré… l’Arabie Saoudite par exemple. Là-bas, sauf si on s’oppose à la famille régnante, on ne risque pas l’emprisonnement et l’assassinat sans procès. Si une femme ne commet pas l’adultère et si elle se conforme à la charia, elle ne sera pas lapidée. Si une personne ne se convertit pas à une autre religion ou ne se déclare pas athée, elle ne sera pas décapitée.

L’islam est une religion de paix. Demandez à ceux qui n’ont pas lu le Coran et ne veulent pas voir ce qui saute aux yeux. La tuerie de Charlie Hebdo (saloperie de journal !) et de la boutique kacher en janvier, la décapitation d’un homme en juin et les attentats du vendredi 13 octobre (un vendredi 13…) qui sèment la mort dans les rues et les salles de Paris ne sont que le fait de quelques individus désaxés, pas du tout le fruit d’une action délibérée d’un islam qui renoue avec les guerres de conquête, n’est-ce pas ? L’élimination par le feu et le sang des chrétiens et des juifs d’Orient est un épiphénomène, surtout pas une opération d’envergure destinée à éradiquer les autres religions. Mais non.

Nous sommes en guerre, nous avons mis des siècles à acquérir la liberté et je ne veux pas me soumettre, ni aux religieux, ni aux gouvernants qui nous méprisent et nous imposent la bien-pensance.

 

 

2015.11.04

Lettres à mes frères et soeurs

 

Lettre à mes frères et sœurs humains.

Jean Taillardat, 151104

J’ai soixante-dix ans, autant dire que j’aborde le dernier quart de ma vie – que j’estime d’ailleurs largement entamé mais l’espoir fait vivre.

Je veux mettre cette période sous le signe de la sérénité et de ma liberté. Or la première liberté qu’il m’appartient de trouver, c’est l’indépendance vis-à-vis de ce qui vient de l’extérieur. Si je dépends du regard de l’autre, de son affection ou non, de son admiration ou non, je ne peux pas vivre libre ; je cherche les signes de reconnaissance qui me permettront de revenir à l’état antérieur, qui offre des satisfactions : qui n’aurait pas envie d’affection, d’admiration ?

Derrière ce besoin des autres, il y a une crainte ultime : la peur ! La peur de n’être plus rien, la peur de disparaître, la peur de la décrépitude et de la décomposition.

La rose a-t-elle peur de s’étioler ? Elle n’a pas de conscience réflexive et ne peut avoir peur. Le grand mâle qui subit sa première défaite et abandonne son statut a-t-il conscience qu’il ne représente plus rien dans le groupe ? Le gorille a-t-il conscience de ses poils blancs, de ses muscles qui se ramollissent et de sa force qui le trahit ? Qu’importe, la nature suit sa route, imperturbable, avec une totale indifférence à l’égard de ses particules.

C’est ainsi, il vaut mieux accepter de bon cœur ce que personne ne peut éviter. Oh, il y a d’autres moyens ! Épouser une nième jeunesse, rouler Ferrari ou Porsche, organiser des fêtes monstrueuses, chercher encore et toujours l’âme sœur – dont je pourrai dépendre ; ce sont des choix. Je fais celui de la liberté : je ne suis pas la fête, je ne suis pas la Porsche, je ne suis pas la jeunesse d’une autre, je suis au-delà de tout cela, je suis une personne, pas une persona, ni un masque.

De quoi ai-je eu peur ? Probablement d’abord du ridicule. André Moreau le dit bien, tant que l’on n’a pas franchi l’obstacle de la peur du ridicule, comment oser s’exprimer librement ? Bien, je me dis philosophe et écrivain, suscitant l’ire, voire le rejet de certains de mes proches ; je le suis, je ne vais pas m’en cacher ! Peur d’être rejeté ensuite. À quelles compromissions peut-on être réduits par peur d’être rejetés ! On donne, on se donne, on fait des cadeaux, on laisse le champ libre aux tentatives de manipulation d’êtres eux-mêmes « en manque » et on s’enferre. Peur de ne pas être à la hauteur enfin, et là, c’est tout le rapport à la culpabilité, qui n’a pour moi rien de judéo-chrétienne. « Être homme, c’est être responsable » et responsable de tout, ai-je cru. Ce n’est pas parce que j’ai pêché que je me sens coupable, mais parce que j’ai imaginé traîner depuis mon enfance quelque chose de sale en moi, qui ne peut venir de la notion de péché originel, non ! et que j’ai mis beaucoup de temps à accepter : la carte et le territoire, nous dit la sémantique générale. La carte n’est pas le territoire, je suis mes qualités et leurs contraires, je suis mes défauts et leurs contraires… mais je suis beaucoup plus que cela !

J’ai soixante-dix ans, que vais-je faire de ma vie ? Essayer de ne plus dépendre que de moi, y compris dans la dépendance physique et, peut-être, si une maladie dégénérative m’atteint, dans la dépendance intellectuelle et la dépendance tout court. C’est une affaire de mental, exclusivement.

Qu’ai-je à faire de ce qui faisait mes plaisirs d’avant ? La bouffe, le sexe, la vitesse, l’achat, la consommation, la beauté, les ornements, les froufrous, les fanfreluches, les quolifichets… Je Suis. La nature m’offre tout ce dont j’ai besoin : l’air qui, par l’inspiration et l’expiration conscientes, m’alimente et me nettoie dans un cycle de vie ; l’eau qui murmure dans les prés et irrigue mes cellules, le bon pain et le vin de la vigne (et tant pis pour les innombrables cancers qui me guettent !). Il me faut avoir chaud pour passer les jours d’hiver, avoir un toit pour rester au sec, des chaussures pour marcher sans blesser mes pieds.

Pour le reste, il me suffit d’être au contact de la Nature ; elle est généreuse. Hélas, je ne suis pas sûr que mes descendants pourront en dire autant, au rythme où l’homme détruit ladite Nature, mais à chaque génération sa peine, je n’y peux rien et il ne sert à rien de m’en soucier, sauf à aimer mes proches, de façon concrète.

En fait, je dispose de bien plus d’objets qu’il me serait nécessaire. J’ai envie d’écrire, de réaliser un vieux, très vieux rêve, et il me faut des instruments, une table, un ordi, un dictionnaire. Soit, mais en suis-je dépendant ? Je peux encore écrire, je le fais ; quand je ne pourrai plus, j’y renoncerai. Le mieux que je puisse faire est d’apprendre à renoncer à tout, en son temps. Il est tellement merveilleux d’être. Et il me semble qu’on ne peut être qu’en étant débarrassé de tout… serais-je devenu bouddhiste ?

Encore une fois, le final du film « L’homme qui rapetissait » m’emplit de joie. Quand il n’a plus été qu’un puceron sur un brin d’herbe, il a levé les yeux vers le ciel et s’est extasié…

Puisses-tu comprendre cela, Ô mon frère, Ô ma sœur, et commencer de ne plus avoir peur !

 

                                                                                              Jean Taillardat