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2015.07.24

Texte piraté dans la table de nuit de EMX

Dans la peau d’Edouard Malcom X

 

J’ai 37 ans, je suis énarque et islamo-franc-maçon. Franc-Maçon au Grand-Orient de France parce que le meilleur moyen d’acquérir des degrés de liberté est de s’associer aux bonnes personnes qui se font la courte-échelle tout en privant le peuple des leurs ; islamiste – ou plus exactement salafiste – pour deux raisons : la première est qu’il convient de faire alliance avec ceux qui ont le plus d’argent – les monarchies du Golfe - ; la deuxième qu’il faut se faire élire pour gouverner et que, dans dix à vingt ans, les électeurs musulmans feront la différence. D’ailleurs j’en veux à Michel Houellebecq d’avoir révélé mon jeu et ceux de mes frères. Bien sûr il ne cite pas le Grand-Orient de France, ç’aurait été un casus belli.

Dans une démocratie représentative, il faut se faire élire par le peuple. Mes maîtres, François Mitterrand, François Hollande et autres Laurent Fabius, m’ont appris que pour accéder au pouvoir, il faut faire croire au peuple qu’on œuvre pour lui. Mais en réalité je suis, comme mes frères, du côté de ceux qui paient, les banquiers et les hommes d’affaires.

C’est d’ailleurs pour cela que j’ai commencé ma carrière dans la banque, et pas n’importe laquelle, une des plus influentes au monde. Ce sont mes dirigeants qui se sont mis d’accord avec François Hollande – qui a pour ennemi la finance internationale, je le rappelle en riant franchement – pour que j’entre au gouvernement ; qui en effet mieux que moi peut contribuer à libéraliser le pays pour asservir tous ces petits-entrepreneurs qui s’opposent à la mainmise du socialisme sur la société – de Big Brother, disent les plus intelligents ?

Encore une personne que je n’aime pas, ce Georges Orwell ; heureusement que personne ne le lit plus. Il a été rayé des ouvrages enseignés à l’école.

Notre machine est quand même redoutablement efficace : asservir le peuple en lui laissant les miettes de la richesse produite et en le distrayant tout en lui faisant craindre qu’il pourrait tout perdre en se tournant vers d’autres partis politiques, quelle habileté diabolique !

On dit par ailleurs que notre système éducatif va à vau-l’eau alors qu’il répond parfaitement à notre projet : distinguer les rares élus qui rejoindront notre cercle fermé de la masse abêtie ! Car il n’y a rien de pire qu’un électeur intelligent. Il convient de rendre les honneurs à V. P. et à N. V.-B. pour ce qu’ils ont fait et font de l’École de la République.

D’ici la prochaine élection présidentielle, il reste deux défis majeurs à relever. Avec un peu de chance et si l’effondrement de la Grèce – qu’on a récupérée en privant le peuple de sa liberté, bravo ! et qui va continuer à payer les intérêts de la dette que mes amis lui ont intelligemment accordée – n’a pas trop de répercussions sur l’économie européenne, la courbe du chômage devrait s’inverser au moins légèrement et la promesse du candidat Hollande d’inverser la course du chômage serait tenue... cinq ans après ! (j’en ris à l’avance). Quoi qu’il en soit, ce ne sera pas sur l’emploi que nous serons jugés ; le succès va se jouer sur les deux thèmes de la sécurité et de l’identité nationale. Le Français n’est pas encore suffisamment décérébré, d’une part, et d’autre part il faut des dizaines d’années pour lui faire perdre sa mémoire – il renâcle le bougre !  et là nous avons une épine dans le pied : Marine Le Pen ! merci à Jean-Marie de pourrir le FN. Elle a déjà rallié une grande partie du monde ouvrier et celui des retraités – c’est un comble !  et elle surfe sur les peurs du peuple. Je ne donne pas tort au peuple, il a raison d’avoir peur…des socialistes ! qui veulent son bien, évidemment ! Il ne les croit plus, c’est le premier défi à relever.

Le deuxième défi concerne « l’envahissement » et là encore le peuple a raison : le remplacement – le Grand Remplacement, dit Renaud Camus – des Français de souche, indécrottables, revêches, rebelles, par une population d’immigrés facilement manipulables nous est favorable et là, je salue l’action de M.V. pour ramener à nous la population musulmane. Ce qui pourrait nous plomber, ce serait des attentats à répétition au nom d’Allah ; cela mettrait la communauté musulmane en porte-à-faux car il faudrait quand même bien mener des actions énergiques contre les salafistes. Maintenant que la machine Daesh est lancée, avec le concours de l’Arabie Saoudite, même elle ne peut plus l’arrêter : lutter contre le salafisme tout en conservant des liens d’amitié (et des relations commerciales juteuses) avec les monarchies du Golfe, voilà le deuxième défi.

Nous avons encore un Go-ban (le porte-pierres du Jeu de Gô) à notre disposition : l’écologie ! Voilà t’y pas que même le Pape – un autre François – nous donne un fameux coup de pouce. Paris capitale mondiale de l’écologie, c’est un coup de maître. Après le mariage pour tous, quel remarquable moyen de détourner l’attention du peuple de ses basses considérations matérielles et d’occuper le paysage médiatique !

Oui, décidément, on ne peut être que franc-maçon, socialiste et affilié à la Fondation Franco-Américaine (la FAF) ; j’ai fait le bon choix.

Mais au-delà de ces considérations politiques, quelle jouissance de participer à ce jeu d’échecs mondial ! D’autant que, quelles que soient ses péripéties, j’ai l’assurance d’une vie confortable, à l’abri du besoin, mes intérêts étant protégés par mes frères, financiers ou non.

Alors, que la fête continue !

 

 

 

                                                                                  E.M.X. le 30 juin 2015

A la claire fontaine, m'en allant promener

À la claire fontaine

JET, Combronde, le 150724

 

En me levant ce matin, je chantais « À la claire fontaine, m’en allant promener », ce qui a fait démarrer ma boîte à penser et remonter à la surface d’autres chansons héritées de mes parents, de mes grands-parents : « Trois jeunes tambours », « Cadet Roussel a trois maisons », « Su l’pont de Nantes », et puis des comptines que nous avons également transmises à nos enfants : « Sur la route de Dijon, il y avait un grand… un grand… un grand… » et les enfants de s’esclaffer en attendant le trou qui allait voir se dérober nos genoux sous leurs petits derrières ; « À cheval gendarme », « C’est la baleine qui tourne qui vire ».

De quand date « À la claire fontaine » ? Cette question n’appelle pas de réponse aussi vais-je me garder d’ouvrir wiki. En revanche, je sais que mes petits-enfants, élevés pourtant dans la tradition française, retrouveraient peut-être quelques comptines – la culture est transmise par les grands-mères, raison pour laquelle Pol-Pot a fait tuer toutes les grands-mères cambodgiennes pour faire un khmer rouge nouveau – mais ils fredonnent plus volontiers les tubes à la mode, sans se souvenir de ceux qu’ils clamaient un an avant.

De temps à autre, la machine médiatique nous ressort un vieux, Gérard Lenormand le temps qu’il se plaigne de ne plus avoir le droit à l’antenne, les Beatles parce qu’il faut bien satisfaire les vieux et que Mc Cartney est un chanteur compositeur de grand talent, et même Lenny Escudero, qui fut sans doute un des premiers produits de consommation à un coup : « » fut mon premier grand succès, avec « Je ne suis qu’une pierre qui roule toujours… ». Ah, l’idole des jeunes ! qui demeure, à force de productions à grand spectacle, l’idole des vieux et des presque vieux.

La machine à produire des tubes de l’été s’est mise en route, en France, au début des années 60. Auparavant, on avait Bécaud, Piaf, le Fou chantant, Aznavour (il vit toujours, ce dinosaure !), Ferrat, Brel, Brassens, voire les Compagnons de la Chanson, les Frères Jacques, Léo Ferré, le Gainsbourg du « Poinçonneur des Lilas », Juliette Gréco, … mais le 45 tours et l’Olympia de Bruno Coquatrix[JT1]  imposaient déjà un renouvellement constant des idoles et des tubes. Après, Johnny, Sylvie, Sheila, Hardy, Les chaussettes noires, Richard Anthony, Dick Rivers, et même Mireille Mathieu, idole mondiale ! Qui se souvient cependant du premier tube de Johnny : « Kili, kili, kili watch » dont le ridicule a rapidement effacé de glorieuses paroles. La culture yé-yé s’était emparée des oreilles et des cerveaux par la même occasion ; la grande distribution culturelle, la culture de masse.

Inutile de faire écouter « Fance musique » à nos petits-enfants, c’est nul !

Bon, je radote et suis incapable de citer et encore moins de reprendre, en anglais, le dernier tube de l’été.

Les gens de ma génération ont été formés de ces traditions transmises, qui sont autant de chansons que de prières : « L’immense foule des hommes, courbés sur le travail, c’est l’humanité, Seigneur, ici rassemblée… » Ce sont ces traditions qu’il s’agit pour les « progressistes » de faire disparaître, car elles s’opposent au progrès, autant dire à la massification cachée derrière « l’homme nouveau ». Qui est-il, cet homme nouveau débarrassé de son passé, sinon un corps et un cerveau disponibles pour recevoir la bonne parole des puissants, des grands commerçants et des financiers et pour consommer, acheter, jeter, acheter, pour que tourne la machine économique, acheter, jeter, acheter, jeter, avaler, rejeter, avaler, rejeter.

Gauche-droite, c’est pour tromper les masses, donner au peuple l’illusion du choix. Socialistes ou capitalistes, socialistes ET capitalistes, c’est du pareil au même. Il s’agit d’enrichir les riches – il paraît que ce sont eux qui créent de la richesse, et non les entrepreneurs – et de ponctionner les classes moyennes et laborieuses pour obtenir le pouvoir de la répartition de la richesse, car l’État seul est capable de générosité, c’est bien connu, autant dire d’acheter les voix des électeurs. Où sont les Vincent-de-Paul, les Abbé Pierre, les Mère Thérésa ? Sans doute sont-ils remplacés par les élus et les hauts-fonctionnaires intègres, fraternels, confiants dans la capacité du peuple à utiliser valablement sa liberté, justes, équitables, capables de se sacrifier pour le bien commun.

Tout n’est cependant pas perdu, rien ne sera définitivement perdu tant que les gens, et ce sont souvent les plus pauvres qui sont les plus généreux, répondront aux appels à l’aide en faveur des plus défavorisés, des victimes des cataclysmes, des famines et des guerres. Et même internet peut jouer un rôle, via les sites d’opinions pour rectifier les abus les plus flagrants et les injustices les plus criantes.

Mais ce n’est cela qui va enrayer la machine à produire du cash, à consommer et à détruire toujours plus, la MMDM - money making destroying machine – chère à mon ami Bruno Martin-Vallas.

 



 


 [JT1]

2014.03.27

Les fonctions présidentielles

Une mienne amie, pas totalement misanthrope mais résolument féministe, me contait l’autre jour, dans sa version courte, l’aventure qui advint à un petit neurone vagabond qui rencontra un homme – un mâle – et se mit en quête des collègues neurones qui devaient s’épanouir dans son cerveau démesuré. Il y entra. Personne. Le silence absolu. Il ressentit tout d’abord une légère inquiétude, se risqua à héler d’improbables congénères. Le silence fit écho à son appel. Un sentiment de panique commençait à s’emparer de lui quand il vit surgir un neurone tout rouge et excité qui le considéra avec étonnement et lui dit : « Qu’est-ce que tu fais là ? On est tous en bas ! »

 

Il me faut, à ce point de mon récit, préciser que toute relation entre cette fiction (quoique…) et de quelconques considérations politiques serait le fruit de l’imagination du lecteur, les fonctions présidentielles se situant à un niveau beaucoup plus élevé dans l’humanité de nos dirigeants. Toute référence aux présidents français présent et passés serait donc malvenue.

 

 Pour en revenir à des notions scientifiques, nous faisons appel à la théorie des trois cerveaux de Paul McLean ; les cerveaux de nos présidents, qui sont des hommes normaux, étant soumis aux lois biologiques, disposent donc de trois couches : le cerveau reptilien, le cerveau mammifère et le néocortex, qui est propre aux hominidés. Au cerveau reptilien appartiennent les activités réflexes et instinctives, dont le rut fait partie. Au cerveau des mammifères correspondent les besoins sociaux d’appartenance, le cocooning, le copinage, voire le « dépuçage ». Enfin le néocortex est le lieu de la réflexion, de la pensée, de la cognition.

 

 Pour imager cette théorie, nous pouvons également dire que l’être humain est composé, hors les membres de la motricité et de la préhension, de trois parties : les parties molles, sises sous le diaphragme, avec ses organes de digestion et de reproduction. Le thorax, lieu de la transformation de l’air en oxygène véhiculé par le sang dans les cellules du corps humain, à l’aide de cette formidable pompe qu’est le cœur. La tête, qui juxtapose le visage et cette matière qu’on appelle grise.

 

 À l’évidence, toute personne investie par une élection démocratique est en droit de penser que cet honneur est dû à la qualité de sa pensée, donc au développement supérieur de son néocortex. Qu’en est-il en réalité ?

 

 Les dernières découvertes scientifiques, la biologie du comportement en premier lieu, démontrent au contraire que les organes des parties molles sont le lieu de la prise des décisions, le cerveau ne faisant que les entériner en leur donnant une valeur rationnelle. Je laisse au lecteur le soin de réfléchir sur les raisons de ses choix aussi bien pour s’accoupler, acheter, consommer, aimer, haïr, séduire, jeter… Traditionnellement, on attribue au cœur le siège de l’âme. Là encore, la science montre que les centre nerveux y sont très présents et déterminent les comportements de courage ou de lâcheté, d’affrontement ou de fuite. Quand au cerveau, son protagoniste français le plus célèbre en a défini le rôle absolument essentiel en matière de politique : « Je pense, donc je fuis ».

 

 Ces fonctions humaines sont évidemment présentes chez chacun des êtres humains normaux, donc des dirigeants, donc des présidents. On peut donc en déduire une typologie présidentielle selon que l’un ou l’autre de ces centres primera sur les autres :

 

-le président cérébral, à grosse tête, qui invente le moyen de faire payer le peuple d’une façon indolore : la TVA est à ce titre une totale réussite.

-le président courageux, dont la capacité à combattre prime sur l’intelligence de la situation,

-le président libidineux, dont les parties molles guident la conduite, le caque de motard permettant d’éviter les risques liés aux écarts de conduite.

 

Il existe également de nombreuses combinaisons de ces trois fonctions : le cérébral libidineux, le courageux libidineux, le cérébral courageux, voire le cérébral courageux et libidineux, quoique ces trois vertus se rencontrent rarement simultanément chez les politiques. Faut-il vraiment préciser que ces fonctions se retrouvent aussi bien chez la femelle que chez le mâle, au taux de testostérone près ? On peut d’ailleurs se demander si la fonction libidinale est préalable à l’élection suprême ou si elle en est une conséquence. Les études montrent qu’elle était très présente de façon précoce chez la plupart des candidats au suffrage universel. 

 

 De cette étude théorique pourraient être tirés des enseignements sur le profil des présidents présents et passés, en France et dans l’ensemble des pays. On pourrait également définir le profil le mieux à même de répondre aux exigences de notre temps et s’interroger sur les raisons qui conduisent le peuple à choisir tel ou tel profil. Par exemple, il semblerait, mais cela reste à confirmer, que les électeurs soient, au moment du choix, guidés plus par leurs parties molles que par les autres fonctions. Ces recherches feront l’objet, nous n’en doutons pas, d’importants programmes d’études confiés à des spécialistes dont la fonction première est cérébrale, c’est-à-dire déconnectée de la réalité humaine. Nous sommes pourtant là, semble-t-il, dans le domaine de l’idéologie régnante, récupérée par des politiciens soumis aux pulsions libidinales, ce qui fausse quelque peu le débat. Mais restons optimistes, il nous restera toujours l’humour pour ne pas sombrer dans le désespoir !