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2013.01.15

Déclaration de guerre Brazzaville, le 28 novembre 2015


   Chez nous, au Congo, nous avons une formule que beaucoup d’autres nous ont empruntée : « Lorsque les affaires vont mal chez vous, faites la guerre au voisin ». Et c’est peu dire que ça ne va pas bien chez nous ! Le chômage augmente pour le vingtième mois consécutif, la balance commerciale est toujours déficitaire, la dette du pays s’est accrue de vingt-cinq milliards de FCFA (francs CFA). Nos citoyens ont le moral dans les chaussettes et ce qui se passe dans les pays voisins n’est pas pour les rassurer ; même la puissante RDC a baissé ses prévisions de croissance pour l’année 2016. Une bonne nouvelle cependant : Rolls-Royce a pété tous ses records de vente, ce qui veut bien dire qu’il y a encore des gens sur la planète qui ont de l’argent et nous nous en réjouissons par contumace.

Donc, le gouvernement de Fro 1er n’a pas le moral, malgré l’oubli de sa promesse sur le non cumul des mandats et le maintien des zaza’s des zélus. Malencontreusement, ou volontairement, c’est le moment qu’a choisi l’opposition, conduite par un É. Cloppé qui a repris du poil de la bête, pour enfourcher un cheval de bataille qui fait du remue-ménage : le mariage pour tous. C’était une des soixante promesses du candidat Frolanda et nous savons bien que tous les candidats tiennent leurs promesses. Fro 1er et ses sbires sont chargés d’asséner au peuple que s’ils avaient voté pour lui, c’est pour cette promesse et pas pour une autre ; en quelque sorte les Congolais auraient plébiscité le mariage pour tous. CQFD. Donc le mariage pour tous… Comme me le dit mon petit-fils, « je vais pouvoir t’épouser, papy » ! Et moi ma sœur et ma cousine ! Cela fait quarante ans que j’en rêve. La République est porteuse d’égalité, merci à la révolution française ! Quoique je ne sache pas très bien jusqu’où va cette notion d’égalité… faut-il couper ce qui dépasse, planter ce qui manque, opérer les femmes, opérer les hommes… il faut avouer que le problème est complexe. Maintenant, il y a des premières mesures à prendre d’urgence et qui ne coûtent pas cher. Marier les hommes entre eux, les femmes entre elles et tolérer les mariages entres les hommes et les femmes. Je dis tolérer, parce que force est de constater que les hétérosexuels ont de moins en moins envie de se marier ! D’ailleurs nous avons déjà vu que Fro 1er n’a pas besoin de se marier pour répandre sa semence à tous vents. Une manifestation a rassemblé entre dix mille et un million de personnes (les chiffres diffèrent selon les sources) rétrogrades, attachées à leur traditions séculaires, qui affirment que les enfants ont besoin d’un père et d’une mère, alors que nous savons bien que pour procréer, traditionnellement, il fallait une femelle et plusieurs mâles. Chaque camp fourbit ses armes en vue d’une session parlementaire qui sera chaude. Nous espérons que nos élus, hommes et femmes confondus, tomberont dans les bras les uns des autres au bout du compte et se passeront sur le corps plutôt que par les armes !

L’avantage à entretenir ce conflit et à souffler sur les braises est que, pendant ce temps, on ne parle pas d’autre chose. En effet, l’affaire DeparAllah dont on nous rebat les oreilles depuis deux mois n’intéresse plus personne : laissons les ivrognes entre eux. Mais le calme social apparent ne profite pas au gouvernement. La cote de popularité de Fro 1er et celle du premier ministre, Le Nantais, restent au plus bas. Il faut trouver autre chose.

Coup de chance, quelques tribus sauvages – mais bien armées et fortes de bourrages de crâne et de lavages de cerveau assénés dès l’enfance – qui ont germé dans les sables du désert du Kalahari se sont mises à envahir l’est de la Namibie et s’approchent de Windhoek. Le conseil françafricain et le parlement se réunissent d’urgence à Abidjan et décident d’organiser une réunion des chefs d’États sous deux mois. Mais les sauvages sont pressés ; comme ils n’ont personne devant eux et que la nature a horreur du vide, ils sont condamnés à avancer et progressent vers Windhoek plus vite que ne le souhaitent les nations françafricaines. L’émoi est grand en Françafrique : ces sauvages, réunis sous le patronage de RamAllah, tels les conquistadors au Nouveau Monde, convertissent les enfants, violent les hommes et tuent les femmes. La plupart des victimes ne le supportent pas, certains quittent même le pays. Or le Congo a des relations privilégiées avec la Namibie, fondées sur l’exploitation des mines d’or et de diamant dont les Françafricains sont friands. Voilà, l’occasion est toute trouvée de faire la guerre à un voisin ! C’est tout bénef., toute la classe politique soutient l’action gouvernementale – une première depuis l’intervention armée au Soudan aux côtés des Alliés ! Et les médias ne parlent plus que de cela. Mme Croq’mitaine disparaît des écrans, les hétérosexuels et les exilés fiscaux aussi, les pauvres pareillement. Chez Le Nantais on se frotte les mains : « On les a bien eus ! » entend-on dans les couloirs. Les consignes aux états-majors militaires sont quand même de limiter le nombre de morts parmi les forces armées au strict minimum pour faire sérieux sans inquiéter : deux morts tous les quinze jours seraient un bon ratio.

Nous savons de source sûre mais confidentielle que les chefs de gouvernement des puissances extérieures ont été invités à assister aux opérations aériennes et à constater la qualité des aéronefs, leur puissance de feu. Certains même ont été invités, d’après nos informations, à embarquer dans les Cataractes – si difficile à vendre – pour accomplir des missions de destruction de cibles ennemies ; on leur aurait accordé le droit d’appuyer sur la détente. Il nous a été reporté que d’aucuns auraient souhaité se procurer un avion de combat pour leur usage familial exclusif mais que réponse leur aurait été faite que ces bijoux de haute technologie ne se vendent que par cent mais qu’on leur ferait un bon prix.

Concernant la fameuse manif pour tous, elle était conduite par Frigide Barjot… vous avez bien lu : Frigide Barjot ! sortie pour l’occasion de sa retraite dorée de Cintrop’, défenderesse des oursons, des loutres, des manchots, des unijambistes et maintenant des personnes frigides! Elle s’est déclarée prête à donner son corps à la science, voire à servir de mère porteuse. Comme aucun mâle ne s’est présenté pour l’honorer, elle a confié à l’agence de communication RSCJ[1] une campagne d’affichage dans tout le pays, avec sa photo relookée : « Wanted, 50.000 $ » et, depuis, l’armée encercle sa délicieuse demeure pour la protéger des foules en délire qui veulent sa tête et non son corps. Comme quoi même les meilleures agences peuvent se tromper de cible…

Malgré l’obligation qui m’est faite d’aller faire, avec mon jeune assistant, un reportage d’un mois sur le tourisme dans les hôtels cinq étoiles des paradis fiscaux, je resterai au contact de mes informateurs et ne manquerai pas de vous faire régulièrement une synthèse parfaitement objective de la situation.

 

Votre correspondant à Brazzaville : Charles-Georges-Valéry-François-Jacques-Nicolas du Pont Branlant

 



[1] RSCJ : l’agence Rousse-Égala-Combalusier-Jeanfoutre, dont le siège social est à Sao Tomé et Principe, dispose d’une réputation sulfureuse dans le monde entier.

2012.11.29

Rebondissement dans la vie politique congolaise : Couillon contre Cloppé Brazzaville, le 31 octobre 2015

           

        Alors que le gouvernement de Fro 1er fait face à la dure réalité d’un pays au bord de l’implosion, le parti de l’ex-Président M’bassar-Kosi a décidé de participer activement à la décomposition de la vie politique de notre beau pays. Pendant que M’Bassar-Kosi répond à des sollicitations venant du monde entier pour expliquer aux dirigeants comment on perd le pouvoir, ses deux meilleurs amis, autant dire ses fils spirituels, en sont venus aux mains. Ils se sont arrangés pour exclure de la course à la présidence du PRC[1] les autres candidats qui auraient entravé leur castagne dans la cour de récré. Comme nous l’écrivions dans notre dernière lettre hebdomadaire (je suis désolé, j’ai encore pris des vacances), É. Cloppé veut le pouvoir et il est prêt à tout pour cela. L’ancien premier-ministre, Fifi Couillon a fait preuve d’une grande naïveté en ignorant les manœuvres dont son adversaire pouvait faire preuve. Cloppé s’est arrangé pour que les militants ne puissent pas voter en organisant les élections dans les districts favorables à Couillon : il suffit de créer des bureaux de vote dans des endroits inaccessibles ! Ensuite, il suffit de ne pas comptabiliser les votes dans des districts éloignés, et, quand Couillon demande la réintégration des bulletins, de supprimer purement et simplement les bulletins en provenance des districts favorables à son adversaire !
Habile, non ?

Les militants sont très gênés, d’autant que les deux protagonistes sont arrivés à égalité : qui sera président, Couillon ou Cloppé ? Cloppé ou Couillon ? Comme Cloppé a d’une part financé sa campagne avec l’argent du PRC (Parti Républicain du Congo) et qu’il a d’autre part mis ses sbires en place dans les organes de contrôle, il se fait proclamer Président. L’autre comprend enfin qu’il s’est fait couillonner et il n’aime pas cela : personne n’aime cela, même avec des bisous. Alors il se rebiffe, déclare urbi et orbi qu’il ne se laissera pas faire, qu’il fera appel à la justice, qu’il constituera un groupe parlementaire dissident.

Les gros gabarits se lancent dans la médiation. Jésuis-Droit Danmebottes d’abord qui les réunit. Il comprend rapidement qu’il n’est pas bon d’être entre le marteau et l’enclume (chez nous on dit entre l’arbre et l’écorce) et se désiste. Un certain nombre de parlementaires qui se rendent compte que cette guerre des chefs risque de leur coûter leurs postes lors des prochaines élections, interviennent pour calmer le jeu : leur porte-parole, ULM[2], assisté de Geai La Paire, les enjoint de cesser leur bagarre. Rien n’y fait.  Même Abel Caïn, le président du groupe PRC au parlement n’est pas entendu. M’bassar-Kosi lui-même revient en hâte de l’orient pour les recevoir. Il semble que son poids politique fasse effet. Il y aura un référendum pour savoir si les militants veulent refaire les élections.

Coup de théâtre : É. Cloppé, après une analyse de la situation qui fait apparaître qu’un nouveau vote ne lui serait pas favorable, refuse cette possibilité. Alors Fifi Couillon met sa menace à exécution. Naît le Rassemblement-PRC avec les 69 députés couillonistes.

Aujourd’hui les deux groupes occupent chacun un coin de la cour de l’école et se regardent en chien de faïence pendant que les tenants du PDC[3] se bidonnent sans se cacher. Ils feraient mieux de s’occuper des affaires du Congo ! Les organes d’évaluation des banques de la PEN dégradent la notation du Congo de AAAAAAA à AAAAAA+ ; attention, cette dégringolade pourrait être le prélude à une chute vertigineuse ! Et, complètement obnubilés par la guéguerre du PRC, mes collègues journalistes l’ont oublié.

Seul votre serviteur, qui garde en toute occasion la hauteur de vue nécessaire pour rapporter la Vérité nue et sans fard, vous donne l’information que les médias doivent aux citoyens d’un grand pays démocratique. Restez en ligne, abonnez-vous si vous voulez une information impartiale.

 

Votre correspondant à Brazzaville : Charles-Georges-Valéry-François-Jacques-Nicolas du Pont Branlant



[1] PRC : parti républicain du Congo

[2] ULM : Ursula-Louise Moriarty

[3] PDC : Parti Démocratique du Congo, du président Frolanda 1er

2012.08.12

Congo : un budget à la hauteur des enjeux ! Brazzaville, le 3 octobre 2015


          Comme nous ne vous l’avons pas annoncé dans notre dernière publication, nous n’avons pas été en mesure de publier nos articles hebdomadaires pendant la période de mes congés d’été. Pourtant, de nombreux événements d’importance ont eu lieu mais les congés sont sacrés dans notre pays, comme les grèves d’ailleurs. Nous allons les relater rapidement - les événements, pas les grèves !

Les pays du sud de la Françafrique se sont enfoncés dans la crise, sans que l’on en comprenne la raison ; pourtant, les gouvernements ont appliqué les consignes strictes de la commission françafricaine : diminuer les salaires, virer les fonctionnaires… et payer les dettes, bien sûr. Les meilleurs économistes du monde, et particulièrement ceux de la RDC[1], ne comprenaient pas pourquoi les citoyens ne consommaient plus, pourquoi les impôts ne rentraient plus, pourquoi la dette augmentait alors que les banquiers de tous les pays du monde voulaient leur prêter de l’argent à des taux attractifs et amicaux – 17 % pour un pays en faillite, c’est un cadeau qu’on ne refuse pas –, pourquoi les gens n’étaient pas contents.

Pendant ce temps, au Congo, après avoir fait voter des lois pour ramener l’âge de la retraite à 35 ans pour les fonctionnaires et à 85 ans pour les salariés du privé, après avoir recruté des fonctionnaires pour remplacer les travailleurs licenciés par leurs entreprises, on s’aperçut que les choses ne s’arrangeaient pas toutes seules. Il faut dire que Frolanda 1er et ses sbires, étant tous issus de l’ENAE[2], n’ayant jamais équilibré un budget et professant l’idéologie du fonctionnariat-producteur-de-richesses, avaient un mal considérable à revenir sur les promesses électorales, au moins dans l’immédiat. L’établissement du budget de l’année 2016 régla définitivement le problème puisqu’il s’agissait de trouver les 30 milliards de francs CFA nécessaires pour ramener le déficit à moins de 30 % du PIB. On allait partager la charge en trois parts égales : le peuple faisait don de 10 milliards de francs CFA, les grandes entreprises idem et l’État s’engageait à tenter de faire une économie de fonctionnement du même montant. 

L’affaire est réglée.

Pourtant, de l’autre côté de l’échiquier politique, on ne voit pas d’un bon œil le gouvernement de Frolanda 1er réussir ce qu’on avait raté. On crie haro sur le chameau : « Vous verrez, le peuple va être saigné aux quatre veines ! » « Les riches vont moins s’enrichir, c’est injuste ! » « Ce qu’il faut, c’est augmenter les dividendes ! »…

Mais les attaques ne sont pas très virulentes, pour cause d’élections internes. Il s’agit de préparer le retour au pouvoir et de viser la place de Fro[3]. La présidence du PRC[4] constitue une étape majeure dans la conquête du pouvoir et Cloppé[5] – l’actuel secrétaire général – n’a jamais caché son ambition. Couillon – ex-premier-ministre expert en gobage de couleuvres – et lui en sont à compter le nombre de bulletins de soutien mis dans les urnes, et on sait ici comment remplir les urnes… ULM[6] et Blaise Moâ[7] ont déclaré forfait dans le jeu des chaises musicales. Le combat des chefs se jouera à l’awélé et les deux candidats s’exercent avec des marabouts, les pieds liés, les yeux bandés, sans les mains, etc.

Pendant ce temps, aux PEN[8], la bataille fait rage entre les O’bama et les O’Mitting. Ce dernier promet la création de 12 millions d’emplois, la polygamie – un de ses adeptes a 24 femmes et 121 enfants -, l’enrichissement des riches et l’appauvrissement des pauvres (ce qui est très intelligent, les pauvres ne sachant pas gérer des fortunes), etc. alors que le premier continue à clamer : « Hiès, Aïkan ! » tout en reconnaissant : « Aïe did nossing ! »

Selon nos dernières informations, un certain nombre d’incapables seraient en train de quitter notre beau pays pour croupir ailleurs, en particulier dans des enfers fiscaux. Fort heureusement, d’honnêtes capitalistes proposent aux salariés de prendre des vacances de longue durée, quand ils ne vont pas sévir ailleurs pour exploiter le travail de pauvres gens sommés d’interrompre leurs propres vacances ou de quitter leurs verts pâturages et leurs lopins de terre. Quelques entrepreneurs pervers et masochistes voudraient qu’on les laisse souffrir en paix ; ils se qualifient eux-mêmes de « Pigeons[9] ». Heureusement encore, Angèle Amer, la chancelière de la RPC, a de la suite dans les idées et ne démord pas de ses convictions : « Plus nos voisins de la Françafrique sont austères, plus la RPC s’enrichit ! » Aucun de nos lecteurs ne souhaiterait qu’elle nous combatte par les armes et tous préfèrent être Zaïrois plutôt que morts. 

Et tout est bien ainsi.

Nous ne manquerons pas de vous tenir informés de l’histoire en marche. 

Votre correspondant à Brazzaville, Charles-Georges-Valéry-François-Jacques-Nicolas du Pont Branlant.



[1] Pour rappel : RDC, République démocratique du Congo

[2] ENAE : École nationale des attardés économiques, enviée par toute la Françafrique

[3] Il parut que citer Frolanda 1er lui donnait trop d’importance. « Fro » le ramenait à sa juste taille

[4] Rappel : PRC = parti républicain du Congo

[5] Il s’agit d’Émile Flippé, fort bel homme, beau parleur, disciple de M’bassar-Kosi

[6] ULM : Ursula-Louise Moriarty, ex-ministre de l’écologie productive

[7] Blaise Moâ : ex-ministre de la Santé au Travail

[8] Encore un rappel : PEN, Puissances du Nord, le pays le plus endetté de la planète, qui exporte ses dettes dans le monde entier via le FED : fonds d’exportation des dettes. Nous vous conseillons de noter et d’afficher sous vos yeux les acronymes de tous les acteurs du drame, on s’y perd !

[9] Il s’agit du premier club de pigeons créé par des chefs d’entreprise, probablement pour accélérer la circulation de l’information en toute discrétion. D’ailleurs depuis lors, le ciel de Brazza est encombré de ces volatiles salissants