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2013.03.27

Première lettre au Président

                                                     Pétaouchnok, octudi, 8 germinal an 221

 

 

 

Monsieur le Président,

 

          Je ne voudrais pas être à votre place ce soir pour votre conférence ! Vous me direz : « Je voulais être Président de la République française, c’est fait, le reste a moins d’importance, même si ma position est inconfortable », mais vous êtes comme tout humain, vous préférez être apprécié… Or, vous ne l’êtes pas. Et vous ne voulez pas mettre la main socialiste sur un pays moribond, malgré tout !

 

Vous ne saviez pas, vous qui n’aviez jamais eu de poste à responsabilité nationale, vous ignoriez la réalité de la situation de notre pays, de l’Europe. Et puis, il est facile de ne pas voir, cela permet de crier haro sur le baudet sans trop d’état d’âme. Soit, maintenant, vous êtes au pied du mur, ou pas loin. Les Français ont voté pour vous non pas pour que vous appliquiez des propositions mais parce qu’ils vous ont fait confiance pour améliorer leur sort.

 

Homme de consensus, dit-on de vous, ne prenant pas les problèmes de front, toujours en tergiversations, en détournements, en manipulations. Holà ! il vous faut bien faire face, à un moment ou à un autre. Et il ne suffira pas d’expliquer pourquoi le pays s’enfonce dans la crise. Il vous faut prendre le leadership et rassembler sur un programme de redressement national ; je fais l’hypothèse que vous ne le ferez pas, pas encore, c’est trop hors de votre caractère. Dans un an ou deux peut-être, quand le pays sera exsangue, si vous ne démissionnez pas avant…

 

Je ne voudrais donc pas être à votre place avec votre tempérament, mais, à mon corps et à ma santé défendant, je prendrais bien votre place pour haranguer nos concitoyens, leur tenir un langage de vérité et les engager, tous, dans une lutte acharnée, leur dire que nous avons besoin de toutes les forces et toutes les ressources pour sortir d’une situation alarmante, sinon catastrophique.

 

Aux armes, citoyens ! Tous aux armes, apporteurs de capitaux, financiers, dirigeants, cadres, techniciens et employés, professions libérales, artisans, paysans, fonctionnaires, pour remporter la lutte contre le chômage. Parce que laisser tant d’hommes et des femmes, de jeunes au bord de la route est une calamité nationale.

 

Citoyens, il va falloir d’abord tous se serrer la ceinture et vos élus vont montrer l’exemple en diminuant leurs soldes, salaires, émoluments, frais, etc. de 20 %, en ne conservant qu’un seul traitement s’ils ont plusieurs mandats.

 

Les fonctionnaires vont faire l’effort d’accepter une diminution de leurs salaires de 10 %. Ils vont accepter que leurs pensions de retraite soient alignées avec celles du privé. Grâce aux techniques modernes de traitement de l’information, ils vont accepter d’accroître leur productivité de 20 %, permettant ainsi de diminuer leur nombre et la charge qu’ils représentent pour le pays.


Les dirigeants et hauts fonctionnaires vont accepter une amputation de leurs rémunérations globales de 20 %.

 

Vous allez agir pour réduire de 50 % le coût de l’administration européenne, et les rétributions extravagantes des élus.

 

Citoyens, il va ensuite falloir restructurer l’administration du pays, très rapidement, autour de grandes régions, au nombre de douze. Les tâches dévolues aux départements sont partagées entre les régions et les Communautés de communes et d’agglomérations et les départements, héritages de l’époque napoléonienne, seront remisés dans les musées de l’histoire.

 

Citoyens, nous allons parallèlement venir au soutien des plus pauvres. Personne en France, dès le mois de septembre 2013, ne vivra avec moins de 800 euros par mois et aucune famille avec moins de 1200 euros.

 

Citoyens, nous allons libérer les énergies. Notre pays est riche, riche de ses compétences, de ses ressources, de ses infrastructures. Pour cela, nous allons soutenir les entrepreneurs, administrativement et financièrement, en favorisant l’investissement privé, en encourageant les « business angels », les sociétés d’investissement et en leur permettant de rémunérer le risque qu’ils prennent. Les organismes d’État comme la BPI seront au service de ces sociétés, l’administration sera au service des entrepreneurs et des entreprises.

 

Par ailleurs, les charges qui pèsent sur les entreprises seront allégées de trois points dès le 1er janvier 2014. La TVA sera portée à 21,6 et les 2 points consacrés à financer prioritairement les caisses de la sécurité sociale et la retraite.

 

Enfin, les transactions financières seront taxées à 0,1 %, les ressources ainsi mobilisées étant immédiatement réinvesties dans les infrastructures et le soutien à la recherche

 

Citoyens, nous allons redonner à l’école de la République sa force et son rôle primordial dans le redressement du pays, en accordant aux Chefs d’établissement la responsabilité du recrutement, du management des professeurs et de l’animation du corps professoral, en facilitant le recrutement d’enseignants compétents et motivés par des rémunérations plus attractives. Elles seront réévaluées de 10 % par an pendant cinq ans.

 

Citoyens, nous allons mettre en œuvre les moyens d’intégrer les personnes qui se sont installés en France ou qui vont le faire, en exigeant un niveau de langue française nécessaire et suffisant pour travailler et en créant les structures de formation linguistiques adéquates. Le droit de vote pour les élections locales sera donné aux personnes justifiant de cinq ans de présence en France et désirant devenir françaises.

 

Citoyens, nous allons intervenir dans les zones sensibles pour sortir les jeunes de la spirale infernale du chômage, en créant des Centres d’Aides par le Travail à l’instar de ce qui existe pour les personnes en difficulté. Les communes recevront les aides financières pour mettre en place les structures d’encadrement des jeunes en lien avec leurs parents. Les forces de police seront chargées de prévenir et, dès que nécessaire, d’éradiquer les comportements délictueux. Les récidivistes seront mis sous contrôle étroit.

 

Citoyens, je vous demande de soutenir l’action de mon gouvernement pour redresser le pays. Mais nous n’en resterons pas là. Nous allons construire l’Europe de demain.

 

Citoyens, nous sommes européens. Nos moyens de Défense Nationale seront intégrés dans la Défense européenne, et nous allons mobiliser tous les membres de la communauté européenne pour créer une Europe de la Défense. Et comme il ne peut y avoir d’Europe de la Défense sans politique européenne, nous allons œuvrer pour la création des Etats-Unis d’Europe.

 

Citoyens, le monde dans lequel nous voulons vivre est un monde d’équilibre et de justice. Dès que les finances du pays le permettront, que notre balance commerciale sera bénéficiaire et, quoi qu’il en soit, dès aujourd’hui, nous préparons ce monde fait par les hommes pour les hommes : écologique et humain, utilisant les techniques informationnelles et les ressources renouvelables, au premier rang desquelles l’intelligence humaine.

 

Citoyens, nous n’avons pas le choix, nous sommes au pied du mur. Soit nous œuvrons tous ensemble, avec justice, soit nous sombrons tous ensemble. Françaises et Français, je vous appelle solennellement à vous rassembler pour le renouveau de l’Europe et son rayonnement dans le monde.

2013.03.25

Chers amis, puisque vous ne prenez plus le temps de lire…

 

Le roman a du plomb dans l’aile et cela se comprend. Où est-il le temps où, à côté des 48 heures de travail par semaine, l’ouvrier, l’employé, le technicien, le cadre, disposaient de leur temps et de leurs libertés pour rire, partager, jouer, bricoler, jardiner, refaire le monde ?

Aujourd’hui, l’abrutissement dans l’actualité à courte vue, les émissions télé débilitantes et les jeux vidéo s’ajoute au stress et aux temps de transports. Heureux êtes-vous si vous avez des activités bénévoles et associatives, si vous prenez le temps de voir et de faire grandir vos enfants !

Mais lire un roman, y consacrer une dizaine d’heures, ce n’est plus possible !

Sauf, Musso, Lévy ou Nothon…, qui participent à votre besoin de distraction de masse, que l’on vous impose par un matraquage publicitaire.

À la rigueur, un texte que l’on pourrait lire sur nos tablettes en une vingtaine de minutes, pourquoi pas ? Mais qu’il ne demande pas trop d’effort de lecture ! Par exemple, Indignez-vous, c’est ce qu’il nous faut : texte court, langage basique, belles formules, appel à l’émotion, pas de raisonnement, surtout pas d’argumentation ! Comme si Essel n’avait rien eu de mieux à nous proposer, ce grand Résistant !

Quand les hommes n’auront plus de langage, ils n’auront plus de pensée, et une démocratie bien comprise par les puissants est celle qui ne pense plus que par émotions en réaction à des messages conçus par des médias aux ordres, aux ordres parce faisant partie du monde des puissants. Demandez à Martin Bouygues ou à Lagardère.

Alors soit, notre but étant de provoquer chez vous un sursaut de réflexion, nous sommes bien obligés de vous toucher dans vos habitudes : nous publierons des nouvelles, des pamphlets et des contes, nous rapprochant en cela des penseurs du siècle des Lumières, ce siècle qui a porté la capacité de réflexion humaine à son plus haut niveau, certes pour un petit nombre de personnes mais avec un rayonnement dans tout le monde occidental.

Les Éditions Valeurs d’Avenir publient des romans d’apprentissage, des ouvrages porteurs de valeurs humanistes, des nouvelles ; mon blog met à votre disposition des textes de réflexion relativement courts, comme celui-ci ou le Journal du Monde, dans lequel notre correspondant au Congo, Charles-Georges-Valéry-François-Jacques-Nicolas du Pont Branlant, suit une actualité Françafricaine très instructive!

Aux livres, citoyens ! À la lecture !

2013.01.15

Déclaration de guerre Brazzaville, le 28 novembre 2015


   Chez nous, au Congo, nous avons une formule que beaucoup d’autres nous ont empruntée : « Lorsque les affaires vont mal chez vous, faites la guerre au voisin ». Et c’est peu dire que ça ne va pas bien chez nous ! Le chômage augmente pour le vingtième mois consécutif, la balance commerciale est toujours déficitaire, la dette du pays s’est accrue de vingt-cinq milliards de FCFA (francs CFA). Nos citoyens ont le moral dans les chaussettes et ce qui se passe dans les pays voisins n’est pas pour les rassurer ; même la puissante RDC a baissé ses prévisions de croissance pour l’année 2016. Une bonne nouvelle cependant : Rolls-Royce a pété tous ses records de vente, ce qui veut bien dire qu’il y a encore des gens sur la planète qui ont de l’argent et nous nous en réjouissons par contumace.

Donc, le gouvernement de Fro 1er n’a pas le moral, malgré l’oubli de sa promesse sur le non cumul des mandats et le maintien des zaza’s des zélus. Malencontreusement, ou volontairement, c’est le moment qu’a choisi l’opposition, conduite par un É. Cloppé qui a repris du poil de la bête, pour enfourcher un cheval de bataille qui fait du remue-ménage : le mariage pour tous. C’était une des soixante promesses du candidat Frolanda et nous savons bien que tous les candidats tiennent leurs promesses. Fro 1er et ses sbires sont chargés d’asséner au peuple que s’ils avaient voté pour lui, c’est pour cette promesse et pas pour une autre ; en quelque sorte les Congolais auraient plébiscité le mariage pour tous. CQFD. Donc le mariage pour tous… Comme me le dit mon petit-fils, « je vais pouvoir t’épouser, papy » ! Et moi ma sœur et ma cousine ! Cela fait quarante ans que j’en rêve. La République est porteuse d’égalité, merci à la révolution française ! Quoique je ne sache pas très bien jusqu’où va cette notion d’égalité… faut-il couper ce qui dépasse, planter ce qui manque, opérer les femmes, opérer les hommes… il faut avouer que le problème est complexe. Maintenant, il y a des premières mesures à prendre d’urgence et qui ne coûtent pas cher. Marier les hommes entre eux, les femmes entre elles et tolérer les mariages entres les hommes et les femmes. Je dis tolérer, parce que force est de constater que les hétérosexuels ont de moins en moins envie de se marier ! D’ailleurs nous avons déjà vu que Fro 1er n’a pas besoin de se marier pour répandre sa semence à tous vents. Une manifestation a rassemblé entre dix mille et un million de personnes (les chiffres diffèrent selon les sources) rétrogrades, attachées à leur traditions séculaires, qui affirment que les enfants ont besoin d’un père et d’une mère, alors que nous savons bien que pour procréer, traditionnellement, il fallait une femelle et plusieurs mâles. Chaque camp fourbit ses armes en vue d’une session parlementaire qui sera chaude. Nous espérons que nos élus, hommes et femmes confondus, tomberont dans les bras les uns des autres au bout du compte et se passeront sur le corps plutôt que par les armes !

L’avantage à entretenir ce conflit et à souffler sur les braises est que, pendant ce temps, on ne parle pas d’autre chose. En effet, l’affaire DeparAllah dont on nous rebat les oreilles depuis deux mois n’intéresse plus personne : laissons les ivrognes entre eux. Mais le calme social apparent ne profite pas au gouvernement. La cote de popularité de Fro 1er et celle du premier ministre, Le Nantais, restent au plus bas. Il faut trouver autre chose.

Coup de chance, quelques tribus sauvages – mais bien armées et fortes de bourrages de crâne et de lavages de cerveau assénés dès l’enfance – qui ont germé dans les sables du désert du Kalahari se sont mises à envahir l’est de la Namibie et s’approchent de Windhoek. Le conseil françafricain et le parlement se réunissent d’urgence à Abidjan et décident d’organiser une réunion des chefs d’États sous deux mois. Mais les sauvages sont pressés ; comme ils n’ont personne devant eux et que la nature a horreur du vide, ils sont condamnés à avancer et progressent vers Windhoek plus vite que ne le souhaitent les nations françafricaines. L’émoi est grand en Françafrique : ces sauvages, réunis sous le patronage de RamAllah, tels les conquistadors au Nouveau Monde, convertissent les enfants, violent les hommes et tuent les femmes. La plupart des victimes ne le supportent pas, certains quittent même le pays. Or le Congo a des relations privilégiées avec la Namibie, fondées sur l’exploitation des mines d’or et de diamant dont les Françafricains sont friands. Voilà, l’occasion est toute trouvée de faire la guerre à un voisin ! C’est tout bénef., toute la classe politique soutient l’action gouvernementale – une première depuis l’intervention armée au Soudan aux côtés des Alliés ! Et les médias ne parlent plus que de cela. Mme Croq’mitaine disparaît des écrans, les hétérosexuels et les exilés fiscaux aussi, les pauvres pareillement. Chez Le Nantais on se frotte les mains : « On les a bien eus ! » entend-on dans les couloirs. Les consignes aux états-majors militaires sont quand même de limiter le nombre de morts parmi les forces armées au strict minimum pour faire sérieux sans inquiéter : deux morts tous les quinze jours seraient un bon ratio.

Nous savons de source sûre mais confidentielle que les chefs de gouvernement des puissances extérieures ont été invités à assister aux opérations aériennes et à constater la qualité des aéronefs, leur puissance de feu. Certains même ont été invités, d’après nos informations, à embarquer dans les Cataractes – si difficile à vendre – pour accomplir des missions de destruction de cibles ennemies ; on leur aurait accordé le droit d’appuyer sur la détente. Il nous a été reporté que d’aucuns auraient souhaité se procurer un avion de combat pour leur usage familial exclusif mais que réponse leur aurait été faite que ces bijoux de haute technologie ne se vendent que par cent mais qu’on leur ferait un bon prix.

Concernant la fameuse manif pour tous, elle était conduite par Frigide Barjot… vous avez bien lu : Frigide Barjot ! sortie pour l’occasion de sa retraite dorée de Cintrop’, défenderesse des oursons, des loutres, des manchots, des unijambistes et maintenant des personnes frigides! Elle s’est déclarée prête à donner son corps à la science, voire à servir de mère porteuse. Comme aucun mâle ne s’est présenté pour l’honorer, elle a confié à l’agence de communication RSCJ[1] une campagne d’affichage dans tout le pays, avec sa photo relookée : « Wanted, 50.000 $ » et, depuis, l’armée encercle sa délicieuse demeure pour la protéger des foules en délire qui veulent sa tête et non son corps. Comme quoi même les meilleures agences peuvent se tromper de cible…

Malgré l’obligation qui m’est faite d’aller faire, avec mon jeune assistant, un reportage d’un mois sur le tourisme dans les hôtels cinq étoiles des paradis fiscaux, je resterai au contact de mes informateurs et ne manquerai pas de vous faire régulièrement une synthèse parfaitement objective de la situation.

 

Votre correspondant à Brazzaville : Charles-Georges-Valéry-François-Jacques-Nicolas du Pont Branlant

 



[1] RSCJ : l’agence Rousse-Égala-Combalusier-Jeanfoutre, dont le siège social est à Sao Tomé et Principe, dispose d’une réputation sulfureuse dans le monde entier.