UA-76824264-1

Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

2012.06.18

Grande victoire pour le peuple congolais ! Brazzaville, le 15 juin 2015


Toute l’Afrique était en émoi. Les élections qui devaient avoir lieu au Congo pouvaient modifier la donne au sein de la Françafrique et, par voie de conséquence, sur le continent entier. L’Afrique du Sud continuait à exporter dans tous les pays le surplus d’une production favorisée par une exploitation éhontée du peuple alors que la grasse PEN (Puissance des États du Nord), impérialiste et boulimique, vivait sur un endettement croissant auprès de son principal fournisseur, la même Afrique du Sud.

Quelques années auparavant, les pays de l’ex-Afrique Occidentale Française, unis par l’usage de la même monnaie, le franc CFA, s’étaient dotés d’institutions communes, d’un parlement et d’un gouvernement françafricain. 

L’être humain est ainsi fait que l’histoire et la culture de chaque pays causèrent rapidement des débordements, les uns – industrieux et rigoureux – prospérant grâce à la maîtrise de leurs finances publiques, les autres – chauvins et laxistes – vivant largement au-dessus de leurs moyens et, pour certains, ne se donnant même pas la peine de récolter les impôts légaux. Pendant ce temps les banquiers, réels maîtres du continent, continuaient à emplir la peau rebondie de leur panse.

Un coup de vent financier né aux PEN enraya la belle machine et mit les banquiers aux abois. Ils s’étaient gavés de monnaies virtuelles qu’ils n’arrivaient plus à digérer. L’argent ne circulait plus, ils ne voulaient même plus prêter.

Au Congo, le Président-monarque avait fait trop de promesses inconsidérées : « Travaillez plus pour gagner plus », disait-il, ou encore : « Je vais diviser le chômage par deux », et les Congolais gagnaient moins et le chômage avait augmenté. Son opposant, récemment sorti de l’anonymat, un dénommé Frolanda, émit une série de soixante propositions présentant une logique implacable : en augmentant le nombre de fonctionnaires et le pouvoir d’achat des Congolais, il allait rétablir l’équilibre des comptes publics. Les Congolais, qui sont des gens prompts à se bercer d’illusions et à déboulonner les monarques qu’ils avaient encensés, intronisèrent Frolanda 1er, le premier monarque républicain, qui constitua son premier gouvernement avec ses plus fervents supporters, autant hommes que femmes et annonça quelques mesures d’importance pour démontrer au peuple ébahi qu’il tiendrait ses promesses électorales. Il s’agissait de maintenir l’illusion quelques semaines durant, le temps d’élire les représentants du bon peuple.

Il y avait eu une histoire épique en ce beau pays : cinq ans auparavant, une princesse royale représentait la gauche républicaine face à un farouche combattant de l’identité nationale issue de l’immigration, M’bassar-Kosi. Et la princesse royale – peut-on le croire ? – était la première concubine de M. Frolanda !… À moins que ce dernier ne fût que le prince consort ? Un prince consort que sa deuxième concubine, mère d’une flopée d’enfants issus de précédents mariages, prit en main et mena par le bout du nez (on a un langage moins châtié au Congo !).

Quand Frolanda se présenta devant le peuple au cours de nombreux meetings sur les places des villages faits de huttes de paille, Mme Croq’mitaine organisa les manifestations au grand dam des courtisans de Frolanda, de telle sorte que son candidat chéri ne rencontrât jamais son ex-première concubine, à laquelle il avait pourtant donné une nombreuse progéniture et qui avait un poids important dans son comité de soutien. Au soir de la victoire de son protégé, en Grand Reporter avisé de Congo Compétition, alors que ce dernier embrassait avec force démonstration de joie naïve chacun de ses soutiens, elle obtint de lui et de ses amis journalistes qu’ils diffusassent largement la photo d’un baiser à pleine bouche - et l’on sait que les Africains ont de grandes bouches - qu’il lui accorda benoîtement.

Mais l’affaire n’en resta pas là, souvenons-nous que nous sommes dans un pays d’Afrique profonde, d’un pays de la Françafrique qui plus est. Il s’agissait maintenant d’élire les membres de l’Assemblée Nationale. Le parti démocratique du Congo (PDC) demanda à l’ex-concubine de se présenter dans une nouvelle circonscription de sa région, Pointe-noire, qui est, comme chacun sait, un ravissant port de pêche fortifié longtemps convoité par les Anglais. Comme cela se passe dans ces pays lointains, le potentat local, qui appartenait également au PDC, refusa d’abandonner son fief, soutenu en particulier par un ancien premier-ministre, ancien candidat à la magistrature suprême, magistralement prié de retourner à ses chères études, à qui la princesse royale, pourtant peu avare de ses affections, avait refusé ses faveurs et contre laquelle il nourrissait, si l’on peut dire, sa meilleure dent. Le potentat fut menacé, puis exclu du PDC et arriva, lors du premier tour, en deuxième position derrière l’ex-concubine. Tous les ténors du parti firent le voyage à Pointe-noire pour se montrer avec elle et même le Président nouvellement élu, contrairement à son engagement de se tenir au-dessus des partis, ne sut résister à la vibrante sollicitation de son ex et lui apporta publiquement son soutien affectueux. Il oublia cependant d’en informer préalablement sa dernière concubine qui, avec un sens inné des affaires de l’État, s’empressa d’envoyer un tweet d’encouragement au potentat local - qu’elle ne connaissait pourtant ni d’Ève ni d’Adam - et le fit savoir à ses amis journalistes. La princesse en fut fort marrie. Une explication de texte eut lieu au Palais Impérial, où Mme Croq’mitaine avait son bureau, deux secrétaires particuliers, un cuisinier suisse et une douzaine de boys. Plus fort encore, le parti républicain du Congo (PRC) du président sortant appela à voter pour le potentat, bien que ce dernier s’obstinât à proclamer qu’il était le plus fervent supporter de Frolanda 1er !

Parallèlement, entre les deux tours des élections, dans ce pays hautement civilisé, Frolanda 1er eut l’occasion de retourner à la chancelière du puissant État voisin, la République Démocratique du Congo – dont la capitale Kinshasa faisait face à Brazzaville, sa propre capitale de l’autre côté du fleuve Congo – de retourner donc à la chancelière un chien de sa chienne. En souvenir du refus de cette dernière de le recevoir alors qu’il n’était qu’un modeste candidat, il s’empressa d’accueillir en grande pompe le leader de son opposition. Il était en effet de coutume au Congo, depuis des lustres, de « faire la nique » au voisin, ce qui se manifestait par moult pieds de nez, doigts et bras d’honneur. C’est une manière de gouverner.

Au deuxième tour des élections, le parti de l’ex-président avala des couleuvres plus grosses que des pythons. Ce fut une déculottée mémorable et le peuple donna à Frolanda 1er la majorité qu’il réclamait. Seulement, ce dernier n’en eut pas la joie attendue : la princesse royale avait été boudée par les électeurs. Elle cria à la trahison, et les ténors du PDC avec elle. De l’autre côté, ceux du PRC, fort marris de la veste qu’ils avaient prise, eurent au moins cette satisfaction et la joie saine de voir le visage décomposé de la princesse.

Les électeurs du PRC qui avaient voté pour le potentat local, l’entendant affirmer haut et fort qu’exclu du PDC, il n’en continuerait pas moins à soutenir le programme de Frolanda 1er, même tout seul sur les bancs de l’assemblée, se demandèrent s’ils ne s’étaient pas fait cocufier.

D’un autre côté, le discours plein de gravité du nouveau Premier Ministre – qui, lui, avait bénéficié des faveurs de la princesse, dit la rumeur – annonçant à mots couverts les sacrifices demandés au peuple « dans la justice, évidemment », fit prendre conscience aux électeurs vainqueurs qu’ils s’étaient probablement fait cocufier eux aussi.

Il faut comprendre que dans cette contrée lointaine, baiser et se faire baiser était de fait le sport national, probablement au détriment de l’intérêt général, terme suffisamment vague et ambigu d’ailleurs pour que chacun puisse penser y trouver son intérêt particulier. Au point que, à l’occasion de la coupe françafricaine de football qui avait lieu dans le même temps, on se demanda si les deux buts marqués par un joueur congolais contre son camp n’étaient pas suspects…

 

À suivre. 

Votre correspondant à Brazzaville, Charles-Georges-Valéry-François-Jacques-Nicolas du Pont Branlant. 

2012.03.26

Comprendre la situation économique et financière pour trouver des solutions

 

Vous connaissez comme moi les chiffres de l’endettement des États européens - pour ne pas parler des USA. Pour la France, il s’agit de plus de 1.800 Mds d’euro. Le remboursement de la dette souveraine française est de l’ordre de 50 Mds d’euro par an. Et la dette augmente des déficits budgétaires cumulés chaque année. C’est dire que, loin de trouver une solution, le problème nous conduit inéluctablement vers la faillite. Comme l’État, c’est nous, c’est bien de notre faillite personnelle qu’il s’agit, de la perte de notre richesse personnelle, de l’effondrement de nos retraites, du remboursement des soins, de nos services publics : école, hôpitaux, infrastructures… Je le répète, sans mesure courageuse et innovante, nous allons à la pauvreté généralisée, à la destruction des acquis de siècles de travail. Alors qu’il y a des solutions, certes coûteuses à court terme, mais bénéfiques à tous.


Je vous suggère instamment de lire le livre « Citizen Klein » que vous pouvez charger gratuitement.


Quant à moi, j’avais essayé de comprendre ce qu’on appelle la finance mondiale, sur laquelle on tape – à juste titre – sans savoir ce dont il s’agit. Le résultat de ma recherche m’effraie mais il n’est pas trop tard. Je vous le livre.


J’espère que vous saurez ne pas faire l’autruche. La négation du réel est le premier mécanisme de protection de la personnalité identifié par Freud. À l’échelle d’un pays – et encore plus de l’humanité – c’est un mécanisme mortel. Pour vous, pour vos enfants, ne restez pas les yeux fixés sur vos petites préoccupations, il est encore temps d’agir positivement…


Au début, il y avait le troc : « file-moi ta fille, je te donnerai mon cheval »… - l’inverse était cependant plus courant. Ensuite, il y eut un objet intermédiaire, comme dans les SEL (système d’échange local), ne serait-ce que par du papier-valeur. Puis les rois s’arrogèrent le droit de battre monnaie et les banques celui de le faire circuler. Mais - et encore plus depuis les accords de Bretton Woods en 1944, qui assurent la prééminence du $ américain avec un rattachement nominal à l’or – l’étalon-or permet d’instaurer la confiance dans les monnaies émises en billets par les États. L’abandon de la parité or / monnaie durant la grande guerre avait d’ailleurs à la fois créé l’hyperinflation due à « la planche à billets » et une défiance vis-à-vis des billets. Les accords de Bretton Woods instaurent le climat propice à la recons-truction rapide d’après-guerre et l’or est donc stocké dans les banques centrales.


Ceci posait un problème d’importance ; les réserves d’or mondiales étant nécessairement limitées, la création de monnaie l’est aussi en même temps que, sous l’effet du développement technique et économique, les besoins d’argent croissent de façon exponentielle. La déconnexion entre la monnaie fiduciaire (celle qui est stockée sous forme matérielle dans les banques centrales) et la monnaie scripturale (celle qui est créée par les banques privées par simple écriture et signature – « créer de la monnaie par le stylo », disent les banquiers) paraît saine : c’est le crédit qui permet d’acheter sur la base des gains futurs et qui tire la machine économique. Elle conduit à la rupture des accords de Bretton Woods en 1971, inéluctable. Mais, mais… à partir du moment où les reconnaissances de dettes (ou de prêt) sont échangées ou négociées, il apparaît que l’argent mis en circulation est de l’argent-dette et non de l’argent-valeur. Plus il y a de dette, plus il y a d’argent en circulation, et des intérêtes en cours…


Rappelons-nous, dans l’après-guerre et avec le plan Marshal, les économies s’envolent, les besoins des citoyens s’expriment, tout le monde peut parier sur les taux d’expansion élevés et une augmentation régulière des salaires. Pourquoi attendre pour acquérir les biens offerts par la technique alors que l’argent peut être emprunté ? Si les banques privées ne peuvent pas offrir de crédit parce qu’elles ne peuvent pas se financer auprès des banques centrales, l’expansion est freinée, voire bloquée. La monnaie créée par ces banques grâce à l’octroi de crédit n’est que la monétisation d’actifs, par le processus des garanties ou hypothèques. Mais, et c’est là le hic, les banques centrales n’ont aucun contrôle sur cette émission de monnaie fictive qui contribue pourtant à mettre des billets en circulation. Cette monnaie scripturale (lettre de change, billet à ordre, reconnaissance de dette,…) a comme contrepartie ces actifs actuels ou à venir mais pas de monnaie fiduciaire. Les gouvernements, via les banques centrales, ne peuvent faire moins que mettre au point ce qu’on appelle des règles prudentielles qui ont pour but de rassurer les épargnants et les consommateurs de crédits en évitant les dépôts de bilan des banques privées consécutives à des retraits de dépôts inconsidérés suite à des mouvements de panique (réserves fractionnaires, fonds propres à 8 % des dépôts,…). Elles offrent de plus une assurance tous risques aux banques en faisant de la banque centrale le prêteur en dernier recours et le garant des dépôts des épargnants. Là encore, une conséquence démoniaque à des régles prudentielles laxistes, expliquée par un exemple. Si vous empruntez 10.000 euros, la banque a pour obligation d’en déposer environ 1.100 dans une banque centrale (un neuvième) mais avec les presque 9.000 euros restants, on alimente les autres banques, qui à leur tour peuvent prêter, si bien qu’au dépôt de 1.100 euros stockés correspondent très vite 100.000 euros en circulation.


Ce qu’il faut d’abord retenir, c’est que l’augmentation de la masse des billets en circulation n’est pas due aux dépôts des épargnants mais à l’explosion du crédit et que la monnaie fiduciaire représente une part toujours plus faible de la monnaie en circulation. C’est  le crédit que fait les dépôts et non l’inverse ! Pourtant, sur les dix dernières années, la croissance moyenne en France a été de 2 % et l’inflation a été de l’ordre de 2 % ; le besoin en création monétaire était donc de 4 % l’an, or (si je puis écrire) la création monétaire a été de 10 % l’an. Il y a un écart de 6 % par an… Cherchez l’erreur. Nous reviendrons là-dessus plus avant.


Mais pourquoi payer des intérêts ? C’est devenu tellement « dans les mœurs » que je ne me suis à dire vrai jamais posé la question sérieusement, même si j’ai renaclé devant les conditions draconiennes faites à l’emprunteur. Si la banque doute de mes capacités de remboursement, je comprends, mais si elle devient propriétaire de mon bien en cas de défaillance, quel risque prend-elle ? Et je suis obligé de répondre : AUCUN ! Alors, non seulement elle me fait payer ce que je ne devrais pas, mais elle plus elle me fait payer des frais de dossiers. Les banquiers, des usuriers ?


Retour au financement des États : ce sont les banques centrales qui financent leurs besoins. Ces besoins augmentent avec le niveau de vie et l’augmentation du PIB. Ils évoluent même plus vite parce que sans infrastructures, sans éducation, sans système de santé, etc. la ressource humaine ne peut pas être mobilisée pour produire. Les États comptent sur l’augmentation des recettes fiscales et sociales pour couvrir les déficits budgétaires… et c’est un bon calcul, y compris d’accepter un déficité budgétaire qui correspond à de la création de richesse. Mais il est également dangereux de donner un tel pouvoir à quelque gouvernement que ce soit : Le ministre du budget appelle le directeur du Trésor public : « Mon cher camarade, pourriez-vous me fournir dix millliards de francs d’ici lundi prochain ? Vous comprenez, le développement du pays l’exige, et nous avons été un peu dépensier, il faut le dire. » Et le directeur du Trésor au directeur de la Banque de France : « Cher ami, vos équipes sont-elles prêtes à travailler ce week-end pour fabriquer pour dix milliards de billets ? Elles recevront une prime, évidemment ! » Et c’est fait, facile !


J’ai toujours eu une appréciation très positive de M. Pompidou et sur sa présidence. Pourtant, sous son gouvernement, suite aux accords de Maastrich, a été édictée une loi qui porte en elle tous les errements financiers actuels : le 4 janvier 1973, le parlement décide que la Banque de France n’a plus l’autorisation de financer l’État. Il y a eu là une rupture aux conséquences énormes. J’avais oublié que Pompidou venait de la banque Rothschild dont il a été directeur général ; se pourrait-il qu’il ait pris cette décision pour favoriser ses amis ?… Car c’est depuis cette date que les banques privées françaises ont connu un développement extravagant. La banque Rotschild… Rockfeller, la « trilatérale », les maîtres du monde…


L’État se finance donc auprès des banques privées, des fonds de pension et des fonds souverains… Pourquoi pas ? dites-vous. Réfléchissons… D’abord les banques sont faites pour gagner de l’argent, et comme elles appartiennent à des actionnaires et plutôt à des actionnaires riches et puissants, elles attendent un rendement de 15 % ( !). Ensuite, pour faire face aux incertitudes des marchés, elles modifient les taux d’intérêts autant que nécessaire, ce qui crée de l’incertitude sur les marchés. Et puis les variations de taux de change obligent à prendre des assurances : la couverture des risques coûte cher. Les banques fonctionnent en effet sur un principe de confiance… entre elles ! et pratiquent une multitude de transactions interbancaires. Confiance oui, mais sans prendre de risque ! Ces différents mécanismes sont à l’origine de l’immense industrie des assurances. Les banques se couvrent, créent des mécanismes de couverture de couverture, d’autant qu’elle se rendent compte que les produits dérivés sont extra-ordinairement profitables. Ainsi est née l’industrie financière, celle de la titrisation des produits financiers. Les banques concoctent des produits mêlant des créances aisément recouvrables parmi lesquelles sont noyées des créances risquées et les revendent aux autres banques… qui font de même, recomposent d’autres packages jusqu’à des produits à très haut risque, les « junk bonds ». La rentabilité phénoménale – « nécessaire parce qu’il y a en face des risques très élevés, évidemment ! » - de ces produits dérivés dope les hegdes funds que les riches ont tout intérêt à entretenir. C’est grâce aux hedges funds que les banques (et d’autres courtiers et « hommes d’affaires avisés », j’en ai parmi mes relations…) font leurs profits !


Nous en sommes arrivés au point où l’économie réelle et l’économie financière sont totalement déconnectées. L’économie réelle représente 60 tera$[1], alors que l’économie financière représente… 700 tera$ ! Et ce avec la même monnaie ! Enfin, la même monnaie… il faut savoir que la monnaie fiduciaire - ou centrale - représente 7 % de la masse monétaire globale et que la monnaie scripturale - ou secondaire - en représente 93 %. Vous avez bien lu : 93 % de la monnaie en circulation est… du vent ! du crédit ! de l’endettement ! des valeurs mobilières aussi, reconnaissons-le, qui participent à l’économie réelle ! Et cette monnaie est gérée par les banques privées, grâce à la demande de crédit et l’endettement de tous les acteurs économiques : États, collectivités, entreprises, ménages, etc., banques qui font leurs profits en spéculant sur l’argent et surtout pas sur de l’économie réelle ! Jouer au casino est beaucoup plus profitable qu’investir à long terme dans des entreprises, d’autant que la banque du casino est dirigée par les joueurs eux-mêmes ! Certains parlent d’États Madoff, dont les citoyens sont les prêteurs involontaires en dernier recours. Lorsque la faillitte des États sera prononcée, ce sont bien les citoyens qui perdront leurs biens.


Les banques vivent des bulles et elles ont intérêt à les entretenir. C’était déjà le cas de la bulle internet et les banquiers savaient qu’elle éclaterait un jour, c’était inéluctable. Les meilleurs joueurs gagnent beaucoup, les mauvais sont éliminés. Or les endettements sont aujourd’hui tels que tout ralentissement de l’activité économique accroit la difficulté de rembourser les emprunts. Au contraire, le remboursement des intérêts de la dette représente un poids croissant dans les budgets des acteurs économiques. Quand les acteurs ne peuvent plus rembourser (la Grèce) ou ne peuvent plus emprunter sauf à des taux prohibitifs (l’Italie, la France, et… l’Allemagne ?), les banques privées sont … privées de leurs revenus et ne peuvent plus prêter. De plus, elles ne sont plus sûres du tout que leurs confrères et concurrents pourront leur rendre l’argent en circulation et ralentissent les transactions interbancaires. Les flux financiers perdent de leur fluidité, le sang qui irrigue l’économie se fige, l’économie réelle est bloquée.


Cela parce que les banques privées créent la monnaie et pratiquent des taux d’intérêt qui assurent un rendement élevé - 15 %. Comment sortir de cette situation ?


Juste avant, quelques observations :


. Un coup d’œil sur les USA : entre 1979 et aujourd’hui, la richesse des 1 % les plus riches est passée de 11 % de la richesse nationale à 23 %. Les personnes qui gagnent plus de 1 M$ par an ont bénéficié de 700 Mds de $ de réduction d’impôts, alors que la dette nationale est de l’ordre de 14.000 Mds$. Mais les riches ne sont jamais assez riches : ils demandent la suppression des taxes foncières, soit pour eux une économie de 1.000 Mds$.


. La dette de l’État français… En 1980 la dette était de 200 Mds € en euro constants et représentait 21 % du PIB et elle est passée à 1.152 Mds € en 2006, avant la crise et les mesures de sauvegarde sinon de sauvetage qui l’ont fait grimper à plus de 1.800.000.000 € à la seconde où j’écris ces lignes, soit de l’ordre de 27.000 $ par habitant. 86 % du PIB, bof, ça doit pouvoir se rembourser… sauf que la réalité est que la dette est de 600 fois les revenus de l’État ! Mais… si la dette avait été souscrite auprès de la Banque de France à taux zéro, comme avant 1973, elle serait aujourd’hui de 160 Mds€… Vous avez bien lu : la dette de la France est due aux taux d’intérêts qu’elle sert aux banques privées. Et comme il s’agit de notre dette de citoyens, les 26.331€ de dette de chacun d’entre nous sont dus aux intérêts que nous aurons à verser aux banques !


. Adrian Salbuchi est un économiste argentin. Il sait de quoi il parle après les trois cycles de faillitte de l’État argentin de 75, 87 et 2001 ! Pour lui, le système financier mondial est une tumeur maligne qui a secrété des métastases qui menacent de détruire l’économie mondiale toute entière. Il voit l’avenir de la façon suivante :


Plan A : On injecte de l’argent pour combler les trous créés par la monnaie fictive. Ce plan échoue (il est en train d’échouer) et conduit au Plan B.


Plan B : le $ restant la monnaie de référence mondiale, la FED crée un nouveau $ lié à un nouvel étalon, qui ne peut plus être matériel. Il s’agit d’un « étalon financier sacré » qui pourrait valoir 20.000 $ l’once (alors que l’or réel vaut de 1.000 à 2.000 $ l’once). Les gens et les états vont paniquer et acheter cet EFS à prix d’or. Ceci revient à exporter les dettes colossales vers des zones définies dans le monde, histoire que l’occident conserve la maîtrise du monde. C’est déjà ce que font les USA avec la Chine ! Pourtant ce plan lui-même va échouer, d’où le plan C.


Plan C : Balayer l’échiquier… comme cela a été fait en 1930 aux USA et en 1933 en Allemagne. C’est sengager à créer une guerre mondiale, avec les conséquences qu’on peut imaginer.


Le pire n’est pas à exclure, au train où vont les choses, d’autant que les riches auront eu le temps de prévoir leurs abris…


. Les banques centrales sont-elles publiques ? Renseignez-vous, que diable ! La FED est dirigée par un cartel de grandes banques internationales ! Que peut Obama (je ne parle pas d’un président français…) à cela ?


. Nous avons pu constater particulièrement en 2008 que le processus financier en usage consiste bien à collectiviser les pertes et à privatiser les profits.


Mais que font nos élus, ceux à qui nous avons confié nos intérêts !


Cela a été amplement dit, il y a trois mesures impératives à prendre :


Primo, il s’agit d’abord de déconnecter l’argent de l’économie réelle de l’argent de la spéculation financière, de séparer les banques de dépôt et les banques d’affaires. Les banques de dépôt gèrent notre argent, les banques d’affaires spéculent si elles le veulent mais sans que l’économie réelle et les citoyens aient à en souffrir.


Secundo : Pourquoi sont-ce les banques privées qui financent les besoins de l’État ? C’était le rôle des banques centrales - ce doit être le rôle des banques centrales étatiques de financer les besoins des États - de créer la monnaie pour répondre aux besoins des États, de la BCE pour la zone euro et sans doute pour l’Europe des vingt six, voire, à terme, d’une banque mondiale - lorsqu’il y a aura un gouvernement mondial, parce que la monnaie n’appartient à personne en particulier ; c’est une création de l’homme. La FED fait marcher la planche à billets, j’ai toujours pensé que c’était une hérésie, mais à bien y réfléchir, quels avantages à cela, et quels inconvénients ? Cela n’empêche pas une saine gestion des États et, en ce qui concerne les pays européens et la zone euro, d’exiger des budgets contrôlés. Pas nécessairement en équilibre parce que les besoins croissent avec le développement économique, mais pour lesquels on a l’assurance que les rentrées d’argent de l’État existent bien et couvrent les frais de fonctionnement, a minima. Ainsi les banques centrales rachètent la dette des États aux banques et prêtent à taux zéro. Il n’y aurait plus augmentation de la dette publique par simple cumul des taux d’intérêt. Comme les dettes des États sont des « junk bonds », des « actifs pourris », bien sûr les dettes sont rachetées à bas prix, ce qui se traduit immédiatement par une baisse considérable de l’endettement !


Tertio : troisième décision, comme dans toutes les autres entreprises, que les actionnaires des banques privées soient responsables sur leurs biens propres, car il est facile de prendre des risques quand on a l’assurance que l’État, c’est à dire les contribuables, comblera les déficits ! Que les pertes soient privatisées !


Et un petit quarto : comme les risques du crédit sont inexistants, supprimer par la loi les taux d’intérêts. Comme toute société de service la banque facturerait des honoraires.


Il faut un sacré courage politique pour privilégier le petit peuple des contribuables quand on a tous ses amis à la direction des banques, et que ce sont les banques qui ont l’argent que l’État n’a pas… Je pensais vraiment que la décision de ne pas impliquer la BCE dans le redressement des pays de la zone euro était la seule bonne décision. J’ai viré ma cutie : on ne peut pas compter sur les banques privées dont ce n’est pas la raison d’être. Au contraire, confier au marché - sous le contrôle d’agences de notation qui ont continué à accorder le triple A à des hedges funds et à Lehmann Brothers jusqu’à leur liquidation ! – confier donc au  marché financier le rôle de prêteurs à des taux de 5, 6 voire 8 % est la garantie d’aller à la catastrophe (La Grèce a vu sa dette croitre de 50% depuis que les banques lui prêtent de l’argent).


Si ces mesures ne sont pas prises dans les mois qui viennent, l’Europe va au casse-pipe, à coup sûr. Tous les responsables d’entreprise doivent avoir cette perspective en tête et préparer les plans de repli au cas où et pouvoir relancer leur activité lorsque la tempête sera passée. Si les prévisions d’Adrian Salbuchi ne se réalisent pas, parce qu’alors…


À l’issue de cette analyse de la finance, que je n’avais jamais faite en profondeur jusqu’à présent, je ressens un grand dégoût et de la colère à l’égard de nos gouvernants, de tous bords, parce que nous les avons élus. Quand aux banquiers et à ceux qui se sont enrichis sur notre dos, que leurs bien soient confisqués. Je voudrais que les premiers passent en jugement pour association de malfaiteurs et que les seconds vivent ce qu’ils font vivre aux pauvres ! Et je voudrais surtout, mais c’est un vœu pieux, que la cupidité dénoncée par Joseph Stiglitz soit condamnée et la richesse redistribuée à ceux à qui elle appartient, même la mienne ! Mon ami Bruno Martin-Vallas fait des propositions en ce sens.


Mais regardez donc les sites :


http://www.dailymotion.com/video/x75e0k_l-argent-dette-de...

www.citoyenscontreladette.org



[1] 1 tera$ = mille milliards de $.

 



2011.10.04

Le Prix à payer

Ai lu, d’une traite, Le Prix à payer, de Joseph Fadelle[1], récit d’une conversion d’un musulman irakien au christianisme.

 

 

Je suis athée mais ai été élevé au biberon des Évangiles, en particulier celui de Jean – celui par qui Mohamed a découvert le christianisme, et l’amour. Face au message de l’Évangile, il a immédiatement connu que le Coran était une mascarade, que l’islam était avant tout une culture d’enfermement dans des rites et des rituels bloquant toute liberté de pensée et d’action. Il a vécu dans deux pays, l’Irak et la Jordanie ou la Charia est la loi et commande tous les actes de la vie quotidienne, jusqu’à avoir été l’objet d’une fatwa lancée par son père et l’ayatollah Mohammed Sadr - la plus haute autorité chiite en Irak - et avoir failli mourir sous les balles de ses frères et oncles.

 

 

Ma réflexion n’est pas ici celle de la croyance religieuse ; elle est d’ordre sociologique et politique. Le catholicisme aussi a connu ses pires heures d’obscurantisme et de pouvoir quasi absolu sur les êtres humains. Il a pratiqué l’excommunication, la torture et le bûcher, a fait des femmes des sous-humains, des non-chrétiens des hérétiques. Mais nous sommes au XXIème  siècle ; la science nous a appris la relativité, que le réel nous est définitivement voilé, que ce réel dans lequel nous évoluons est le produit de notre cerveau, de sa structure biologique et des schémas mentaux mis en place depuis notre conception, à travers le langage, la culture, les relations à nos environnements. Comment peut-on aujourd’hui encore croire des histoires à dormir debout ! Car le Coran est un ramassis d’histoires sordides, celles de ce Muhammad et de ses tribulations guerrières, amoureuses et sexuelles, passées au vernis de paroles tombées directement de la bouche de Dieu. Certes, j’ai la conviction que toutes les voies sont bonnes pour accéder à la plénitude de notre humanité, Kâma-Sûtra compris ! Et donc l’islam aussi. Mais quand, sous couvert de religion, on demande à toute la communauté de se plier à une loi, la Charia, sans qu’il soit même possible de la comprendre par la raison, encore moins de la critiquer, et d’exiger de tous les visiteurs, les passants, les étrangers de s’y conformer, on impose une loi incompatible avec la relation à Dieu.

 

 

Alors comment se fait-il, primo que, dans les pays où règne la charia, les étrangers acceptent d’obéir à des règles sociales qui n’ont rien de religieux (le voile, l’interdiction de conduire pour les femmes, de l’alcool…), secundo que tant d’occidentaux se convertissent à l’islam, tertio, que nous acceptions la pénétration de mœurs liberticides dans nos propres pays ?

 

 

Que nous acceptions d’obéir aux coutumes des pays dans lesquels nous sommes de passage ou installés pour des raisons professionnelles, d’abord : les affaires, la cupidité, le pouvoir de l’argent-pétrole, les primes d’expatriation exorbitantes, bref le matérialisme admet toutes les compromissions. Au moins, un chrétien, me semble-t-il, même s’il accepte les coutumes des pays hôtes (on ne travaille pas le vendredi[2]), ne devrait pas se plier aux coutumes religieuses. D’ailleurs, la moindre des courtoisies quand on reçoit quelqu’un, c’est de s’enquérir de ses propres coutumes et de les faire siennes, quand on est civilisé. Et tout homme républicain et démocrate se doit de condamner les mœurs liberticides.

 

 

La conversion des occidentaux à l’islam, ensuite : la perte du sens moral et religieux, la désagrégation sociale, la perte de crédibilité de toutes les institutions, religieuses et politiques créent un tsunami, une conflagration à l’intérieur de chaque citoyen, qui n’est plus protégé par un encadrement social et moral. Les curés n’ont plus la cote et le service national a été supprimé par le plus grand président, le plus noble et le plus désintéressé qu’ait connu la République française[3]. Vers qui, vers quoi se tourner pour échapper à l’angoisse liée au fait même de vivre ? Oh, les réponses sont multiples : le matérialisme d’abord, accumuler des biens, étendre ses domaines qui, comme chacun sait, éloignent la Faucheuse. La drogue ensuite, sous ses différents formes : drogues dures et alcool, mais aussi jeux, vidéos et autres, séries télévisées à gogo. L’abandon de sa liberté et de sa volonté enfin : ce que proposent toutes les sectes. « Venez à moi, disait Moon, donnez moi tous vos biens, et soyez heureux de votre dénuement ». En cela, il tapait juste : quand on se libère de la matière, on trouve la jouissance de la liberté. L’islam est la plus extraordinaire des sectes. Il vous dit : « Le Coran est la parole de Dieu, recueillie par son Prophète, ne cherchez pas à comprendre, apprenez-le par cœur, rabâchez-le jusqu’à satiété et au-delà. » Il vous enseigne à faire abstraction de toute volonté personnelle et de toute réflexion : « la communauté sait ce qui est bien pour vous, conformez-vous. » Je pense que les conversions à l’islam manifestent un trouble profond de nos sociétés et une réponse pathologique des convertis.

 

 

Qu’on ne se méprenne pas : j’éprouve amour et compassion pour tout être humain. La personne est pour moi sacrée, les religions ne le sont pas. De même, je suis opposé au judaïsme israélite mais tout juif est pour moi respectable et aimable. Il en est de même pour les « catho ». Évidemment, je préfère, comme Joseph Fadelle, une religion d’amour et de libération à une religion de contrainte et d’enfermement.

 

 

Pénétration de nos civilisations évaluées par des mœurs liberticides enfin : mon optimisme résolu ne trouve aucun bonne raison, aucune excuse à ce fait. Le citoyen de nos « vieux pays » est repu et fatigué. Repu, même sans travail et sans avenir professionnel, il préfère végéter en ville à migrer dans la campagne où il peut assurer sa subsistance avec un potager, quelques poules et brebis. Fatigué, il n’a même plus envie de se battre pour des valeurs, encore moins pour plus de justice. Qui pourrait être le porte-parole de citoyens irresponsables ? Pas nos syndicalistes, dont l’unique but est de faire carrière dans le syndicalisme et de récolter les subsides accordés par l’Etat. Pas nos politiques, dont l’unique but est de faire carrière et de briguer la place la plus haute possible dans la hiérarchie politique : « Je veux être président de la République », se répètent tous les matins Coppé, Hollande et autres Montebourg. Pour quoi faire ? serait-on tenté de leur demander. « Mais pour jouir du pouvoir, évidemment ! » Pas les églises, qu’elles soient catholique, protestante ou adventiste, engoncées dans le matérialisme ambiant. Témoins de Jehovah ? Mormons ?… c’est mieux ! Là au moins, on est encadré ! Mais le summum, c’est quand même l’islam ! Et le citoyen fatigué et repu se contente de voter pour le Front national, ou pour Guéan, contre l’immigration, l’étranger.

 

 

Ah, Joseph, tu as opté pour l’Église catholique parce que tu as trouvé dans la Bible et les Évangiles le plus beau message humain qui soit. Je te souhaite d’aller encore au-delà et de te libérer de ce besoin que nous avons tous d’avoir un Père. Mais je sais que tu as eu une vision, un appel[4] : « Pour franchir le ruisseau, il faut que tu manges le pain de vie. » Et cela, je te l’envie.



[1] Le Prix à payer, L’œuvre Éditions, Paris, 2010

[2] Je note avec amusement que chaque religion monothéiste a décidé d’un jour réservé au service de Dieu, Vendredi, Samedi, Dimanche, sans doute parce qu’il y a plusieurs "Dieu unique" ? Je me dis qu’il y a encore la possibilité pour quatre nouvelles religions monothéistes de trouver une place dans la semaine !

[3] Monsieur Jacques Chirac, évidemment !

[4] Le Prix à payer, p. 33